BFMTV

Bureaux de vote, QG et soirées électorales... un premier tour sous haute sécurité

Un événement politique de première importance, un pays membre de la coalition internationale contre Daesh et de tragiques précédents: les autorités françaises sont sur le qui-vive avant le premier tour. Voici comment elles comptent sécuriser le scrutin.

Un attentat déjoué ce mardi 18 avril a rappelé la réalité de la menace terroriste qui pèse sur l'élection présidentielle des dimanches 23 avril et 7 mai. Le risque est protéiforme, mais c'est bien sûr la crainte d'un attentat qui prédomine. "Aucune menace n'est écartée. Notre objectif est de permettre au suffrage universel de s'exprimer librement et sereinement", déclarait le ministre de l'Intérieur Matthias Fekl, dimanche dans le JDD. Il précisait que depuis le mois de mars, "19 (désormais 21, NDLR) interpellations antiterroristes" ont eu lieu sur le territoire. Et cinq (désormais 6, NDLR) projets d'attentats ont été déjoués depuis le début de l'année 2017, rappelait le 21 mars le Premier ministre Bernard Cazeneuve.

Outre le risque terroriste, les forces de l'ordre veilleront également aux éventuels "débordements venant d'extrémistes de tous bords" entre les deux tours de scrutin. "En fonction des deux candidats qui seront retenus pour le deuxième tour, il y a un risque majeur", explique Jean Bevalet, spécialistes des risques sécuritaires et du terrorisme interrogé par BFMTV.

> Sécuriser les bureaux de vote

Pour sécuriser les 67.000 lieux de vote, "plus de 50.000 policiers et gendarmes sont mobilisés. A quoi s'ajoutent les militaires de l'opération Sentinelle. J'ai adressé en ce sens une circulaire à l'ensemble des préfectures tant sur les mesures de prévention à prendre que sur les éventuelles interventions en cas de difficultés", avait détaillé dimanche Matthias Fekl.

Un impératif rappelé encore mardi: "Les services du ministère de l'Intérieur sont totalement et plus que jamais mobilisés partout en France pour assurer la sécurité des Français.

Mais c'est un fait évident que tous les bureaux ne pourront pas être sécurisés. Selon Jean Bevalet, expert en sécurité interrogé par BFMTV, "les bureaux de vote où voteront les candidats et leurs proches mobiliseront particulièrement l'attention" des forces de l'ordre. "Des policiers en uniforme et en civil" y seront notamment postés, explique-t-il.

> Sécuriser la soirée du 23 avril

Outre les bureaux de vote, il faut aussi,rappelle le ministre, assurer "le bon déroulé de la campagne présidentielle, la sécurité des meetings et des rassemblements, la sécurité des candidats et de leurs quartiers généraux de campagne."

Il a été demandé aux candidats d'éviter les rassemblements devant les QG au soir du premier tour du scrutin car ce sont des lieux difficiles à sécuriser.

Les soirées électorales organisées par les candidats seront aussi placées sous haute surveillance.

> Sécuriser la télétransmission des résultats

Pour éviter tout piratage informatique, "nous avons renforcé la sécurisation de la transmission des résultats", a aussi expliqué le ministre.

"Nous avons travaillé avec l'Anssi (Agence nationale de sécurité des systèmes d'information) pour mettre en place un système fiable. Le 31 mars, ce système a pu être homologué. Tous les résultats seront centralisés au ministère de l'Intérieur, et authentifiés", assure-t-il, en rappelant que, pour les législatives (les 11 et 18 juin), le vote électronique des Français de l'étranger a été annulé "car les conditions de sécurité n'étaient pas réunies".

David Namias