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Présidentielle

À Avignon, Le Pen veut séduire les électeurs de gauche et appelle à "faire barrage" contre Macron

La candidate du Rassemblement national a asssuré vouloir "parler à tous les Français" lors de son premier meeting d'entre-deux-tours. Elle a également dénoncé un "quinquennat qui aura divisé, méprisé et blessé" devant ses partisans.

Donner des gages à la gauche tout en se présentant comme une alternative crédible à Emmanuel Macron. Pour le premier de ses meetings de l'entre-deux-tours à Avignon, Marine Le Pen a présenté sa stratégie pour tenter de gagner le 24 avril prochain.

"Patriotes de droite, patriotes de gauche, notre seul but, c'est la France (...) Venez voter. C'est à tous les Français que nous parlons. Nous tendons une main ferme (...) mais une main toujours amicale et respectueuse", a lancé la représentante du Rassemblement national devant 4.000 personnes réunies dans le parc des Expositions de la Cité des Papes.

"Si les Français ont à faire barrage, c'est à Macron"

Ce message de rassemblement vise les électeurs de Jean-Luc Mélenchon qui détiennent en grande partie les clefs du second tour. Le candidat de la France insoumise a récolté 21,95% des voix, dans un mouchoir de poche avec la candidate et ses 23,15%.

Alors que le patron du parti a expliqué le soir du premier tour que "pas une seule voix ne (devait) aller à Marine Le Pen" tout comme Fabien Roussel et Yannick Jadot qui ont appelé à lui "faire barrage", la députée du Pas-de-Calais leur a répondu à la tribune.

"Si le 24 avril, les Francais ont à faire barrrage, c’est au retour d’Emmanuel Macron, c'est à un nouveau quinquennat de désolation sociale et de déconstruction nationale", a-t-elle avancé.

C'est que son adversaire a été longuement la cible de ses attaques. Elle a dénoncé un mandat "qui aura divisé, méprisé et blessé", dénonçant un pouvoir "sans empathie, dans le mépris des Français, au bénéfice de quelques-uns, où règnent cooptation, népotisme, qu'illustrent parfaitement les affaires, MSC, Mc Kinsey et bien sûr Alstom".

La macronie perd son "sang-froid et même son bon sens"

Marine Le Pen a également regretté le climat politique depuis le début de la campagne de second tour. Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, a ainsi jugé qu'en cas de victoire du RN, "les pauvres (allaient) peut-être mourir", dans les colonnes du Parisien ce mercredi.

"Depuis quelques jours, la perspective d’une opposition à Macron semble leur faire perdre leur sang-froid et même tout bon sens. Certains vont même jusqu’à prétendre que je pourrais retirer des droits aux Français. Je ne retirerai aucun droit à aucun Français", a assuré la candidate.

"Ne doutons pas, ne doutons jamais. La victoire n'a jamais été aussi proche et nous pouvons faire du 24 avril un grand printemps français", a conclu la candidate avant d'entamer une Marseillaise avec les cadres de sa campagne sur scène.

Au second tour, Marine Le Pen est donnée perdante (46,5% des voix) dans le dernier sondage Elabe pour BFMTV et L'Express face à Emmanuel Macron.

Marie-Pierre Bourgeois