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Municipales à Paris: le casse-tête de LaREM face à Anne Hidalgo, revigorée dans les sondages

Devancés par Anne Hidalgo dans un sondage en vue des municipales à Paris, les candidats LaREM sont toujours dans le flou alors qu'une commission d'investiture nationale doit se prononcer en juin sur la nomination du candidat du parti de la majorité.

Si le coup d’envoi des élections municipales à Paris n’a pas encore été tout à fait donné, la République en Marche (LaREM) ne semble plus être en si bonne position pour s'adjuger l'Hôtel de ville en 2020. Le parti du président de la République n’a toujours pas nommé de candidat alors que plusieurs cadres ont fait part de leurs ambitions parisiennes. Pire encore, il n’apparaît plus en tête des sondages. La dernière consultation Ifop pour le JDD et Sud radio, donne les faveurs des Parisiens à la maire sortante socialiste Anne Hidalgo. Avec 24% des voix, elle devancerait de deux points Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement et Rachida Dati, la maire LR du 7e, créditée de 16% des suffrages.

Un sondage qui n'arrange pas les affaires de LaREM dont six membres ont fait part de leur souhait d’accéder au sommet de la capitale. Les deux autres cas de figure testés avec les candidatures les plus abouties confortent Benjamin Griveaux, mais sa perte de vitesse pourrait sceller l'avenir de celui qui est présenté comme le candidat "naturel" du parti. Car s’ils se présentaient aux municipales de 2020, Cédric Villani et Mounir Mahjoubi, les deux challengers, obtiendraient 20% des voix, toujours sur la seconde marche du podium derrière la solide Anne Hidalgo.

Les possibles candidats de la majorité à la mairie de Paris
Les possibles candidats de la majorité à la mairie de Paris © Capture d'écran BFMTV

"Paris doit se gagner au-delà des partis"

Si le sondage avantage la candidature de Benjamin Griveaux, il ne permet toujours pas de trancher. Première étape dans le long chemin jusqu’à l’hôtel de ville, la nomination d’un candidat via une commissions nationale d’investiture. Et la zizanie créée autour de cette commission rajoute une part d’ombre au tableau. Début mars, Stanislas Guérini avait annoncé sa tenue en avril avant de rétro-pédaler face à la levée de bouclier de Cédric Villani.

"Le choix se fera après les européennes (…) Dans un contexte politique aussi lourd nous avons mieux à faire que de nous lancer dans la campagne municipale à Paris un an avant l’élection", assure au Parisien Hughes Renson, vice-président de l’Assemblée nationale également candidat aux municipales, qui se méfie des sondages. Avant d'appeler à l'union.

"Paris doit se gagner au-delà des partis, y compris celui auquel j'appartiens."

La stratégie Mahjoubi pour entrer plus rapidement en campagne

"Soyons prudents avec les sondages à un an d’une élection, et c’est un homme qui a soutenu Chirac en 1995 et Macron en 2017 qui vous le dis", prévient Hughes Renson.

Autre problème de calendrier, celui des fonctions délaissées. Candidats, les prétendants au trône devront abandonner leur fonction au sein du gouvernement. Sur ce tableau, Mounir Mahjoubi pourrait avoir une longueur d'avance. Après l'imbroglio de l'annonce de sa candidature, le secrétaire d'Etat en charge du numérique semble d'ailleurs tout faire pour se faire évincer de son poste croit savoir le JDD. Sa sortie contre la taxe Gafa prônée par Bruno Le Maire, lui a valu de subir les foudres de Bercy. À l'Elysée, on lui a ensuite reproché de trop s'intéresser à la mairie de la capitale et de délaisser ses fonctions actuelles. Au point de s'interroger: "Cherche-t‑il à se faire écarter du gouvernement pour entrer plus vite en campagne?", peut-on ainsi lire dans les colonnes de l'hebdomadaire. Quant à Benjamin Griveaux, l'hypothèse de son départ du gouvernement pour se concentrer à sa candidature n'a de cesse d'être émise, si un mini-remaniement venait à se produire cette semaine.

Guillaume Dussourt