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Municipales 2014: NKM manque son pari mais prend date

Nathalie Kosciusko-Morizet.

Nathalie Kosciusko-Morizet. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate UMP malheureuse à la mairie de Paris, ne compte pas stopper en si bon chemin une carrière politique prometteuse.

NKM, un surnom, un slogan presque, a pris date dans le paysage politique. Malgré le soutien appuyé de Nicolas Sarkozy, qu'elle avait accompagné à cheval en avril 2007, Nathalie Kosciusko-Morizet a perdu son pari face à la socialiste Anne Hidalgo, élue maire de Paris. Mais devant ses militants, aux environs de 23 heures ce dimanche, elle avait le sourire. 

"Nous progressons en nombre de voix de façon significative, s'est-elle félicitée. Nous gagnons de nombreux sièges supplémentaires, ils changent les équilibres du conseil, les socialistes n'y ont qu'une majorité relative". De longs mois durant, son combat, elle l'a mené seule, souvent contre les barons de la capitale.

Peut-être au moment de prendre la parole, l'ancienne ministre s'est souvenue que Nicolas Sarkozy, encore lui, lui avait confié que "victorieuse ou défaite, elle aurait gagné". A 40 ans, elle siègera donc au Conseil de Paris et à l'Assemblée nationale. "Je ne pense à rien d'autre que Paris", avait-elle assuré à deux jours du scrutin. Pourtant, difficile de ne pas l'imaginer pleine d'ambition.

Le "poudrier" et le "poignard"

Ce n'est un secret pour personne, Nathalie Kosciusko-Morizet rêve grand. "NKM, la femme du premier rang", écrit par les journalistes Gaspard Dhellemmes et Olivier Faye dresse d'ailleurs le portrait de "l’une des rares femmes à pouvoir conquérir l’Elysée un jour". "Je suis une tueuse", avait dit la polytechnicienne à la chaîne américaine NBC. Certains tirent dans le dos, moi je tire en pleine face".

C'est une certitude, la lutte de pouvoir sera ardue entre les "quadras" de l’UMP, son camp politique. Les Bruno Le Maire, Xavier Bertrand ou François Baroin seront potentiellement ses adversaires les plus farouches. On lui prête l’ambition de concourir en 2017. "Si j’étais dans le calcul, je n’aurais pas fait ça [la mairie de Paris]" disait NKM qui préfère tracer sa propre route. "On croit qu’elle a un poudrier en main, en fait c’est un poignard", avait glissé la plume sarkozyste Camille Pascal au Nouvel Obs, au début de la campagne.

L’ancienne maire de Longjumeau, toujours députée de l'Essonne malgré son "parachutage", connaît la politique. Son grand-père fut directeur de cabinet de Vincent Auriol et son mari, Jean-Pierre Philippe, ancien encarté au PS, s’il a quitté le "milieu", en maîtrise les rouages et dispose d'un réseau conséquent. L'entreprise et le "business", l’un de ses axes de campagne favoris, elle connaît aussi puisque son frère Pierre a fondé le site de vente en ligne Price Minister. 

Un parcours sans faute et une communication moquée

Secrétaire d’Etat à 34 ans, ministre à 37, NKM n'a que peu connu l'échec dans sa carrière. Durant la campagne, les électeurs lui reconnaissaient une certaine "autorité" et une "combativité" supérieure à la moyenne. Des qualités qu'elle pourra toujours mettre à profit dans ces prochains combats.

Certaines expériences resteront aussi ancrées dans sa mémoire: son changement de coupe de cheveux, ses "moments de grâce" dans le métro ou ses "arrêts clopes " avec des SDF dans le 14e, son arrondissement d’adoption, ont occupé l’espace et renforcé son côté bourgeois et hautain à défaut de servir ses propositions.

Nathalie Kosciusko-Morizet, que Jacques Chirac surnommait "l’emmerdeuse", est aujourd’hui une figure incontournable de son parti. Son pari capital est réussi malgré la défaite. Il lui aura fallu dix ans pour gagner une notoriété nationale. Nathalie Kosciusko-Morizet disait aussi à NBC: "Certains savent tirer, d’autres non". Peu après minuit, elle a préféré partager la joie de la maire UMP gagnante du 9e arrondissement. Et ainsi poser en victorieuse.

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Samuel Auffray