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Législatives: Les illusions perdues des Républicains

François Baroin, chef de file de LR pour les législatives, anime un meeting, le 20 mai 2017, à Paris.

François Baroin, chef de file de LR pour les législatives, anime un meeting, le 20 mai 2017, à Paris. - JACQUES DEMARTHON - AFP

Malgré la méthode coué, le parti de droite anticipe un scrutin difficile face à la dynamique d'Emmanuel Macron.

Ils veulent y croire mais le cœur n’y est pas. Depuis l’accession d’Emmanuel Macron à l’Elysée le 7 mai, Les Républicains martèlent un objectif: l’emporter au "troisième tour" électoral, celui des législatives. Et imposer une cohabitation au chef de l’Etat. Mais ces derniers temps, le doute semble transparaître de plus en plus derrière les déclarations martiales.

Christian Jacob lui-même n’a-t-il pas envisagé un scénario pessimiste sur le plateau du Grand-Jury-RLT-Le Figaro-LCI dimanche? Interrogé sur l’issue du scrutin des 11 et 18 juin, le président du groupe LR ne l’a en tout cas pas exclu.

"Si nous sommes dans une situation où il n’y a aucune majorité – ce qui peut être le cas – à ce moment-là, on ne va pas décider de bloquer le pays", a-t-il prévenu.

Des sondages encourageants

Un candidat juppéiste interrogé par L’Opinion ce lundi se fait beaucoup plus alarmiste:

"Je sens la vague monter face à moi. Je ressens la même chose que dix jours avant le premier tour de la primaire (qui vit la défaite d’Alain Juppé face à François Fillon, NDLR)".

"Je ne le sens pas (...) Je sens la vague monter face à moi", ajoute un candidat UDI dans le quotidien. 

De fait, les enquêtes d’opinion promettent une majorité de députés pour le parti d’Emmanuel Macron au soir du 18 juin. Un sondage paru jeudi crédite La République en marche (LREM) de 32% des intentions de vote, loin devant Les Républicains ou le Front national (19% chacun).

"Plein de candidats donnent le change"

La conséquence de l’effet "Matignon"? En nommant un Premier ministre issu de la droite, le président a lancé une offensive de charme en direction de cet électorat. Un pari semble-t-il gagnant: 60% des soutiens de François Fillon à la présidentielle se disent satisfaits du nouvel exécutif, selon un sondage Elabe pour BFMTV.

De quoi renforcer les forces centrifuges qui agitent le parti de la rue de Vaugirard, entre pro et anti-Macron. Interrogé par L’Opinion, le sénateur LR Alain Joyandet semble se résigner à l’implosion de sa famille politique:

"Plein de candidats donnent le change pendant les législatives mais ils sont déjà prêts pour rejoindre ensuite Emmanuel Macron et partir avec les fichiers de LR".

Sur le terrain, les candidats républicains sont contraints à un exercice d'équilbrisme, comme l'expose l'un d'entre eux dans les colonnes du Monde ce lundi:

"Il faut arriver à parler de nos idées sans nous opposer frontalement à tout ce que propose Emmanuel Macron, car il a beaucoup d'idées similaires aux nôtres. Nous devons essayer de passer le message qu'il ne faut pas lui laisser carte blanche".

Pas forcément le discours le plus lisible aux yeux des électeurs.

Une "armée de réserve" pour Macron

Une prévision que partage Christophe Barbier. Ce lundi matin, l’éditorialiste politique de BFMTV estimait que le départ dans le camp macroniste d’Edouard Philippe, Bruno Le Maire ou Gérald Darmanin n’était "que le début" d'un processus plus large:

"Thierry Solère, Franck Riester, Laure de la Raudière, Yves Jégo, voilà des LR et des UDI qui peuvent servir, s’ils sont élus députés, d’armée de réserve pour compléter une éventuelle majorité un peu courte du président de la République. Mieux: d’être des mercenaires pour rentrer au mois de juin au gouvernement. Voilà comment Macron veut faire exploser la droite".

Pour conserver sa cohésion et limiter les dégâts au maximum, Les Républicains misent tout sur leur campagne axée sur le thème du pouvoir d’achat (baisse de 10% de l’impôt sur le revenu, défiscalisation des heures supplémentaires...etc.). Les semaines qui viennent diront si cela aura suffi pour déjouer les pronostics.
Ghislain de Violet