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Départementales: la presse observe un "mécontentement profond"

Les unes de la presse nationale et régionale sont largement consacrées aux départementales ce lundi.

Les unes de la presse nationale et régionale sont largement consacrées aux départementales ce lundi. - Montage BFMTV.com

La droite est sortie largement en tête du premier tour des départementales, alors que la gauche apparaît affaiblie et divisée, tandis que le FN affiche un score moins élevé que prévu. Un résultat jugé "surprenant" par la presse ce lundi.

"Le pouvoir trébuche". C'est par ces mots que l'Humanité, dans son édito lundi, qualifie le résultat de ce premier tour des départementales. "François Hollande prétendait "enjamber" les élections territoriales de 2015 comme s'il s'agissait d'un obstacle dérisoire. Il ne peut pas manifester le même détachement aujourd'hui. Ce vote national reflète le mécontentement profond du pays à l'égard d'une politique joliment promise et tristement trahie".

Pour Le Figaro, ce 22 mars des départementales a réservé "trois surprises": la première est la victoire de l'UMP-UDI, jugée comme "un éclatant succès" pour Nicolas Sarkozy, face à un FN que l'on prédisait comme "le premier parti de France". Seconde surprise: "le PS échoue, mais il ne s'effondre pas", selon le quotidien de droite. Et troisième surprise, le score du FN, qui, "s'il s'enracine à un niveau très élevé" (plus de 25%, ndlr), "ne progresse pas par rapport aux européennes". "Dans la nouvelle France tripartite qui se dessine, les jeux sont loin d'être faits", conclut Le Figaro.

"La division se paye cash"

L'Opinion juge plus sévèrement le score de la majorité, estimant qu'il s'agit là d'une "raclée monumentale". "Rien n'a été en mesure d'empêcher le chacun pour soi: Front de gauche, Verts, Parti socialiste, les familles de la gauche se sont un peu plus décomposées, avec effet immédiat sur le résultat électoral. C'est la première grande leçon de ce scrutin : la division se paye cash."

Pour Libération, la tactique de "Manuel Valls qui sonnait le tocsin pour mobiliser son électorat" a permis de freiner le FN: "c'est cette dramatisation qui a touché la conscience des électeurs de gauche." "Mais la résistance n'est pas la victoire", admet le quotidien de gauche, qui accorde à Marine Le Pen le fait d'avoir "consolidé son implantation". "Le Front national reste au plus haut de ses scores historiques."

Une partie de la presse quotidienne régionale souligne une autre donnée, attendue celle-ci, du premier tour: l'abstention. "La moitié des 43 millions d'électeurs n'ont pas voté hier. C'est mieux qu'en 2011, mais nettement moins bien qu'en 2008", peut-on lire dans Ouest-France. "Ce n'est pas fameux, mais ça aurait pu être pire", estime La Dépêche du Midi. "Trop, beaucoup trop de Français ne sont toujours pas allés voter... L'abstention et le vote Le Pen: les deux versants d'une société désenchantée."