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Edvige : Alliot-Marie priée par Fillon de revoir sa copie

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Refroidi par la grogne des opposants à Edvige, le Premier ministre, François Fillon, a demandé à sa ministre de l’Intérieur de modifier le décret instituant le fichier. Qui sera finalement fiché ? Et jusqu'à quel point ?

La ministre de l'Intérieur, Michelle Alliot-Marie, doit saisir dès aujourd'hui la Cnil (Commission nationale de l'informatique et des libertés) pour lui présenter la version définitive du fichier Edvige. Celui-ci a été vidé en partie de sa substance par Matignon : François Fillon a cédé à plusieurs revendications des opposants à ce fichier. Le Premier ministre a donc demandé à Michèle Alliot-Marie de revoir de fond en comble le décret instituant le fichier Edvige.

Les principaux changements

- Exit les « informations relatives » aux personnalités qui « exercent un mandat ou jouent un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif ».

- Autre modification majeure : Edvige nouvelle version ne comprendra « aucune donnée touchant à l'orientation sexuelle ou à la santé des personnes » et ce, « même à titre exceptionnel ».

- Concernant les mineurs, si la possibilité de collecter des informations sur ceux qui sont « susceptibles de porter atteinte à la sécurité publique » est maintenue, elles seront effacées à leur majorité « sauf si un élément nouveau est intervenu ».

Peut mieux faire...

Cette version corrigée ne satisfait qu'en partie les associations qui s'étaient élevées contre Edvige. Ainsi, pour Jean-Pierre Dubois, le président de la Ligue des Droits de l'Homme, des problèmes subsistent : « Par exemple, le fichage des jeunes sur un simple soupçon policier, des jeunes qui n'ont commis aucune infraction. Autre exemple, la durée indéfinie de conservation des données en ce qui concerne les majeurs. Donc il manque des garanties solides. Tant qu'il n'y aura pas un contrôle sérieux d'une autorité indépendante, quel que soit le contenu du décret de Mr. Fillon, nous n'aurons aucune certitude sur la réalité. Il faut donner des garanties sérieuses aux citoyens et pour ça il faut qu'une loi porte sur les libertés et la garanties des libertés face aux instruments de fichage, et il y en a beaucoup ».

La rédaction et Annabel Roger