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ÉDITO - Juppé au Conseil constitutionnel, "ce n'est pas du tout une retraite"

Christophe Barbier, éditorialiste à BFMTV, revient sur la nomination d'Alain Juppé au Conseil constitutionnel. S'agit-il d'une retraite ou d'une récompense pour le maire de Bordeaux?

Le nom d'Alain Juppé, actuel maire de Bordeaux, a été proposé au Conseil constitutionnel par le président LaREM de l'Assemblée nationale Richard Ferrand. L'ancien Premier ministre annoncera ce jeudi sa démission de la mairie de Bordeaux, a appris BFMTV de sources concordantes mercredi.

"J'ai décidé, il y a plusieurs mois, de ne pas me représenter à l'élection municipale de mars 2020. Je comptais annoncer cette décision au lendemain des élections européennes fin mai prochain. Ma nomination bouleversera ce calendrier", écrit Alain Juppé dans un communiqué.

Il viendra remplacer Lionel Jospin, dont le mandat arrive à terme en mars 2019. Les commissions des lois de l'Assemblée nationale et du Sénat devront donner leur accord à la proposition de Richard Ferrand dans les jours qui arrivent.

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> "Pour Alain Juppé un poste qui va être stratégique et actif"

"C'est une récompense méritée pour le parcours de cet homme d'État, c'est plutôt bien d'avoir au Conseil constitutionnel, instance suprême du droit français, des profils comme Lionel Jospin qui s'en va, ou Alain Juppé qui arrive. L'intérêt général sera préservé et le niveau intellectuel et juridique sera garanti, c'est très bien.

En 2025, Laurent Fabius quittera la présidence, Alain Juppé pourrait faire un président du Conseil Constitutionnel très honorable, surtout si Emmanuel Macron est réélu d'ici là. D'ailleurs Emmanuel Macron peut le nommer président avant, puisque c'est à la discrétion du président de la République. François Mitterrand avait mis Robert Badinter directement président, demandant à Daniel Mayer de céder la place en 1986.

Donc on a pour Alain Juppé un poste qui va être stratégique et actif, ce n'est pas du tout une retraite. Je crois que c'est un vrai choix politique, fort. D'abord c'est le président de l'Assemblée Nationale, ancien socialiste, qui nomme Alain Juppé, ancien de droite, gaulliste, tout ça au service d'Emmanuel Macron. On est vraiment dans le "et droite et gauche", on est dans le macronisme.

"Macron veut blinder le Conseil constitutionnel"

Et pourquoi Macron fait-il cela? Parce qu'il veut blinder le Conseil constitutionnel. Il y a d'ailleurs un autre macroniste, qui doit tout à Macron, qui rentre, c'est Jacques Mézard.

Il va y avoir beaucoup de lois qui vont être renvoyées devant le Conseil constitutionnel par les oppositions, par exemple la loi anti-casseurs elle va y aller, c'est évident. Ensuite, il y aura la réforme de la constitution. La Question Prioritaire de Constitutionnalité (QPC) permet à tout citoyen de casser une loi devant le Conseil constitutionnel, et ça, ça peut être un espèce de mouvement des gilets jaunes juridique, qui vient essayer de contester une politique, et c'est bien d'avoir des gens qui verrouillent le conseil."

Salomé Vincendon