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Des élus pressent Fillon de relancer la politique de la Ville

Des élus de toutes sensibilités pressent François Fillon de relancer la politique en faveur des banlieues lors de l'installation mardi du Conseil national des villes, un organe de propositions. /Photo prise le 4 mai 2010/REUTERS/Charles Platiau

Des élus de toutes sensibilités pressent François Fillon de relancer la politique en faveur des banlieues lors de l'installation mardi du Conseil national des villes, un organe de propositions. /Photo prise le 4 mai 2010/REUTERS/Charles Platiau - -

Des élus de toutes sensibilités pressent François Fillon de relancer la politique en faveur des banlieues lors de l'installation mardi du...

PARIS (Reuters) - Des élus de toutes sensibilités pressent François Fillon de relancer la politique en faveur des banlieues lors de l'installation mardi du Conseil national des villes, un organe de propositions.

Sur fond de nouvelles violences en Seine-Saint-Denis, beaucoup reprochent au Premier ministre de ne pas avoir réellement mis en oeuvre le plan "Espoir Banlieues" destiné à aider les quartiers les plus difficiles.

Quarante-quatre élus de gauche comme de droite ont ainsi signé une "Lettre à ceux qui ignorent les banlieues" appelant le gouvernement "à se mobiliser concrètement" face à des problèmes de chômage, d'enclavement, d'échec scolaire, notamment.

Alors que la dynamique "Espoir banlieues" est critiquée de toutes parts, l'opposition de gauche s'en prend surtout à Nicolas Sarkozy qu'elle accuse de se cantonner aux questions de sécurité pour ne pas avoir à aborder les questions de fond.

Soupçonnée de ne pas s'être suffisamment battue pour défendre ses dossiers, la secrétaire d'Etat à la Ville, Fadela Amara, a repris lundi le leitmotiv du chef de l'Etat, répétant qu'il fallait "nettoyer au karcher" l'insécurité.

Dans une interview au quotidien Le Télégramme, elle estime que la politique du ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, a "porté ses fruits".

La priorité est que les habitants des cités puissent "se projeter dans l'avenir sans avoir la trouille au ventre quand ils rentrent chez eux", dit-elle.

NOUVELLE CARTE DES ZONES SENSIBLES

La secrétaire d'Etat affirme que les banlieues sont toujours "une priorité du gouvernement".

Mais des élus, comme Didier Vaillant, maire PS de Villiers-le-Bel (Oise), accusent le gouvernement de "publicité mensongère" et redoutent de nouvelles émeutes, comme celles de novembre 2005.

François Fillon devrait donc installer le Conseil national des villes dans un climat tendu.

Le Premier ministre pourrait entériner une nouvelle géographie des zones sensibles visant à rééquilibrer les aides entre quartiers pauvres et moins pauvres.

La nouvelle carte qui devrait être arrêtée en 2011 ne compterait plus que 550 zones urbaines sensibles (ZUS), contre 751 aujourd'hui, selon Le Journal du Dimanche.

"Si le Premier ministre n'annonce pas la réforme de la géographie prioritaire, c'est une déclaration de guerre aux quartiers", a prévenu François Pupponi, maire PS de sarcelles (Val-d'Oise), dans plusieurs médias.

François Asensi, maire ex-PCF de Tremblay-en-France, commune secouée en avril par des attaques de bus, est pessimiste.

"Je suis alarmiste, les territoires continuent à s'enfoncer", a-t-il dit récemment à Reuters.

L'appel des élus a été lancé par Claude Dilain, le maire PS de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), qui avait dit, dans une tribune publiée par Le Monde, sa honte d'être dans ces quartiers "le représentant impuissant de la République française".

Au nom de l'association d'élus "Ville et Banlieue", Claude Dilain réclame le "rattachement" de Fadela Amara à François Fillon "pour mobiliser tous les ministères, dans une action concertée".

François Pupponi a invité pour sa part la secrétaire d'Etat à démissionner, si elle n'obtenait des moyens suffisants.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse