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De Valls à Mélenchon: la gauche se divise sur l'amnistie sociale

Jean-Luc Mélenchon tient beaucoup au texte sur l'amnistie sociale.

Jean-Luc Mélenchon tient beaucoup au texte sur l'amnistie sociale. - -

La proposition d’amnistier les sanctions prononcées sous la droite contre des syndicalistes ou associatifs pour des faits commis lors d’actions militantes est sur les rails. Si la gauche de la gauche y tient beaucoup, plusieurs ministres ont pris leur distance sur ce dossier

Pour Jean-Luc Mélenchon, c’est un cheval de bataille depuis l’élection présidentielle. Pour les socialistes, c'est une loi qui ressemble de plus en plus à une épine dans le pied.

Le texte sur l'amnistie des actions syndicales et militantes a beau avoir été amendé par le Parti socialiste au Sénat la semaine dernière, il passe toujours difficilement auprès de certains membres du gouvernement.

"Je reste sceptique sur le principe de l’amnistie et je crois d’abord aux exigences du dialogue social", a ainsi déclaré Manuel Valls lundi sur l’antenne de RTL, avant que Michel Sapin ne renchérisse sur BFMTV. "Rien qui pourrait être considéré comme une violence vis-à-vis de personnes, ou une mise en cause d’une autorité publique ne pourra être amnistiée", a martelé le ministre du Travail.

"Des que le Medef crie, ils sont morts de peur"

Le compromis trouvé au Sénat entre le Front de gauche, le Parti socialiste, et le Parti radical, qui refusait de faire une loi "pour soutenir des casseurs", porte notamment sur la période concernée par l’amnistie. Pour l’heure, elle recouvrirait les infractions commises pas entre le 1 janvier 2007 et le 1er février 2013.

L’espoir de trouver un terrain d’entente entre le PS et ses alliés est d’autant plus faible que pour Jean-Luc Mélenchon, il n’est pas question de faire la moindre concession. Il veut même, aller plus loin.

"Je ne sais pas pourquoi le PS au Sénat a passé son temps à rabougrir la loi", s'est indigné le leader du Front de Gauche. "Dès que le Medef crie, ils sont morts de peur. Au contraire, il faut étendre le champ du texte: aux faucheurs d’OGM, aux parents qui ont sauvé des sans-papiers sur le point d’être expulsés, à certains paysans..."

François Hollande, lui, ne s’est pas encore prononcé officiellement. Le chef de l'Etat devrait toutefois sortir de sa réserve tôt ou tard, l'opposition dénonçant déjà un silence assourdissant et irresponsable.

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