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Crise à LR: Pécresse se pose en rassembleuse, Wauquiez revendique "une ligne forte et claire"

Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse lors d'un déplacement en janvier.

Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse lors d'un déplacement en janvier. - Thomas Samson/ AFP

Valérie Pécresse, opposante de l'intérieur au président des Républicains Laurent Wauquiez, a joué l'apaisement ce lundi soir sur notre antenne, tandis que le parti est en pleine crise. Laurent Wauquiez, lui, assume l'éviction de Virginie Calmels, en poursuivant sur un ton offensif.

"Vous n’entendrez de ma part aucune parole qui puisse mettre de l’huile sur le feu." Le message de Valérie Pécresse était clair ce lundi soir sur notre antenne. La présidente du conseil régional d'Île-de-France a beau être la première figure à laquelle on pense lorsqu'il s'agit de mettre un nom sur l'opposition interne à Laurent Wauquiez, président des Républicains depuis décembre dernier, il ne faut attendre d'elle ni offensive, ni relance tandis que son parti est entré dans une zone de turbulences. Quelques heures après que ses propos très critiques sur la ligne suivie par son patron ont paru dans Le Parisien ce week-end, la vice-présidente des Républicains, Virginie Calmels, a en effet été débarquée par Laurent Wauquiez. 

La "douleur" de Pécresse

Valérie Pécresse a vécu l'ensemble "avec un peu de douleur", a-t-elle glissé à Ruth Elkrief. "Je crois vraiment qu’on doit mettre de côté ces querelles de personnes", a-t-elle ajouté. Elle a esquissé ce qui est selon elle la marche à suivre pour sa famille politique:

"La droite française doit renouveler son logiciel politique et doit proposer de nouvelles propositions aux Français. La stratégie pour regagner la confiance des Français c’est d’abord des idées et ensuite rassembler de manière très large. Il ne faut pas rétrécir la droite mais l’élargir. Il faut lui apporter du carburant et ce carburant, c’est le débat d’idées."

"Il y a deux droites mais je crois qu’elles sont réconciliables", a-t-elle encore dit. 

La charge de Calmels 

Pour autant, la journée était moins à ladite réconciliation qu'à l'échauffement des esprits. Invitée du journal de TF1 ce lundi, Virginie Calmels a lâché ses coups contre son ancien leader. Elle a reproché à Laurent Wauquiez d'avoir transgressé un accord passé entre eux. "Il est venu me chercher pour faire un tandem. Il a dit qu'il voulait rassembler et renouveler, et que je cochais ces deux cases. Mais depuis, il a rompu le pacte de confiance entre nous en travaillant seul, aucun débat préalable à toutes ses prises de position successives". 

Alors qu'elle a assuré être "soulagée à titre personnelle" consécutivement à son limogeage, elle a appuyé: "Laurent Wauquiez impose à la famille de la droite une ligne unique qui est en fait identitaire et populiste. Ce n'est pas ça, la famille de la droite. Pour moi, elle doit être équidistante d'Emmanuel Macron et de Marine Le Pen, et pas pencher d'un côté plutôt que d'un autre". 

Wauquiez fustige "les mercenaires" 

La charge est lourde et s'inscrit en faux contre le communiqué mis plus tôt en circulation par Laurent Wauquiez au sujet de son ancienne vice-présidente. Cette fois-ci, c'est le premier qui avait accusé la seconde d'avoir franchi la ligne définie au préalable:

"Virginie Calmels dont je salue le parcours professionnel et les qualités personnelles s'était engagée dans cet objectif commun avant de choisir l'isolement en attaquant publiquement la feuille de route de notre mouvement, pourtant plébiscitée par les adhérents il y a six mois. Vous le savez, lorsqu'il s'agit de porter nos convictions ma volonté est sans faille". 

"Il ne peut y avoir de rassemblement qu'autour d'une ligne forte et claire", a-t-il aussi écrit. Dans la soirée, le président du Conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes a pris la parole lors d'une réunion de Sens commun à Lyon: "Ce qui nous intéresse, c’est les valeurs, la vision, et pas les petits égos des uns et des autres. Pourquoi, au fond, il y a eu ces itinéraires de trahisons successives de mercenaires, de gens qui sont capables de passer de l’un à l’autre? Parce qu’il n’y a plus de colonne vertébrale." Il a prolongé: "Au fond, ceux qui font aujourd’hui la politique, la font uniquement guidés par un parcours, qui peut jongler de l’un à l’autre et parce qu’ils ne savent plus ce qui les habite et ce qui les porte."

Laurent Wauquiez a ensuite repris le thème de la droite décomplexée: "Et comme certains voudraient que cette nouvelle droite que je tente fermement, avec toute une équipe, de reconstruire, le fassent en marchant sur la pointe des pieds, en s’excusant de ses valeurs, en privilégiant des rassemblements artificiels qui font qu’à l’arrivée on ne sait plus ce qu’on dit, ce qu’on porte et ce qui nous habite." Il a enfin déclaré: "Je pense qu’il peut y avoir de la diversité mais je pense aussi qu’il faut une colonne vertébrale et un cap."

Robin Verner