BFMTV

Virginie Calmels limogée, la droite expose ses désaccords

Virginie Calmels et Laurent Wauquiez en août 2017.

Virginie Calmels et Laurent Wauquiez en août 2017. - AFP

Après deux semaines de critiques contre Laurent Wauquiez, Virginie Calmels a finalement été remerciée par le président de LR. Une décision qui met à jour les différends en interne.

"Une querelle d'égos", "un besoin de cohérence"… Le départ forcé de Virginie Calmels secoue Les Républicains. Après avoir fortement critiqué la ligne politique et les décisions du président de LR, la numéro 2 du parti a été invitée à faire ses cartons. Chez les cadres du parti, on affiche le même message: qui critique, doit partir. "Quand elle rejoint Laurent Wauquiez, elle connaît la ligne!", rappelle Rachida Dati sur LCI. "Il n'a rien changé. Donc je pense que c'est plutôt une querelle d'egos".

La porte-parole de LR, Lydia Guirous, regrette le manque de "solidarité" et de "loyauté" de Virginie Calmels. "On ne peut pas garder un numéro 2 qui joue contre son camp. Il y a une solidarité lorsqu'on fait partie de l'équipe de direction, c'est aussi une forme de respect pour nos militants".

"Virginie Calmels était isolée chez les juppéistes, chez nous elle était isolée de l'équipe dirigeante. Elle a fait passer ses intérêts personnels avant les intérêts collectifs. Elle a du talent mais n'a pas su l'exprimer".

Pécresse dénonce le "rétrécissement de la droite"

Si le discours est le même chez les porte-parole des Républicains, le départ précipité de Virginie Calmels rappelle qu'elle n'était pas la seule à jeter un regard critique sur le tournant droitier emprunté par Laurent Wauquiez. En conférence de presse ce lundi pour exposer son programme européen, Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, a dénoncé "le rétrécissement" de la droite depuis six mois. "C'est un danger", a martelé celle qui, il y a six mois, a décidé de mener son micro-parti Libres au sein du parti. "Notre objectif, c'est d'élargir la droite".

Chez les anciens de LR, on regarde d'un œil critique l'évolution du parti mené par Laurent Wauquiez.

"C'est le résultat d'une alliance contre-nature basée sur un partage de pouvoir et non sur des idées, et atteste d'un nouveau repli hégémoniste du président de LR", déplore Fabienne Keller, sénatrice du Bas-Rhin passée chez Agir – les constructifs.

"Laurent Wauquiez est animé uniquement par l'opportunisme donc je ne suis pas étonné", répond de son côté Frédéric Lefebvre. "Tous ceux qui auront un avis différent de la ligne qu'il défend partiront ou seront virés", estime-t-il. Ce à quoi les émissaires de Laurent Wauquiez - Lydia Guirous, Damien Abad ou encore Laurence Sailliet - répondent d'une même voix: "il y a de la diversité au sein de LR, tout le monde peut s'exprimer mais il y a des instances pour cela, comme le conseil des sensibilités" présidé par Jean Léonetti.

Critiquer, oui, mais désormais le message est clair: chez Les Républicains, chacun est invité à laver son linge sale en famille.

Ariane Kujawski