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Comment ils ont déclaré leur candidature à l'élection présidentielle

Le candidat RPR à l'élection présidentielle Jacques Chirac, le 16 mars 1995.

Le candidat RPR à l'élection présidentielle Jacques Chirac, le 16 mars 1995. - AFP

Plateau télé, fax, conférence de presse, annonce solennelle... Il existe, dans l'histoire de la Ve République, autant de déclarations à la candidature à l'élection présidentielle que de candidats. Zoom sur les annonces les plus marquantes.

Nicolas Sarkozy a pris tout le monde de court, en annonçant ce lundi sa candidature à la primaire de la droite, en vue de l'élection présidentielle de 2017. Non seulement son entrée en campagne n'était attendue que jeudi, à son meeting de Châteaurenard, dans les Bouches-du-Rhône, mais sa déclaration de candidature dénote aussi par sa forme: un livre.

En quatrième de couverture de Tout pour la France, à paraître mercredi mais dévoilé ce lundi par un journaliste du Figaro, Nicolas Sarkozy détaille les cinq axes de sa campagne: la "vérité", l'"identité", la "compétitivité", l'"autorité" et "la liberté".

En matière de déclaration de candidature à l'élection présidentielle, l'imagination des intéressés est sans limite. Très scrutée par les observateurs, une telle annonce imprime le style du candidat, et celui du futur président. Quelle méthode les candidats ont-ils adoptée sous la Ve République? BFMTV.com fait le point.

L'annonce laconique

Annoncer sa candidature par simple communiqué envoyé au médias, sans la moindre déclaration ni apparition publique. Cette méthode expéditive, à qui l'on peut reprocher son manque de chaleur, vise surtout à minimiser l'événement (la déclaration de candidature) pour entrer directement dans le vif du sujet (la campagne).

En la matière, le champion de l'annonce la plus froide de la Ve République est sans conteste Lionel Jospin, qui s'était contenté en 2002 d'un simple fax à l'Agence France-Presse (AFP). S'il voulait jouer la carte de la modestie, son geste avait été jugé, à l'époque, un peu sommaire par certains commentateurs. Avant lui, François Mitterrand en 1965 avait choisi cette méthode, rappellent Jean-Yves Lhomeau et Marie-France Lavarini dans Une histoire abracadabrantesque: Abécédaire de la Ve République.

L'annonce "spontanée"

Au lieu d'en faire directement la démarche, le candidat sort du bois en répondant à une simple question posée par un journaliste. Un moyen de renforcer le côté "humain", naturel, de celui qui aspire à la fonction suprême. Dans ce style, Jacques Chirac avait fait sa déclaration dans un entretien au quotidien régional La Voix du Nord, en novembre 1994.

Par la suite, Jacques Chirac gardera cette méthode, mais préférera un autre canal: les plateaux télé (1995 et 2002), comme François Mitterrand avant lui en 1988.

La déclaration officielle

Bien moins spontanée que la précédente, cette méthode a le mérite d'être efficace. Elle permet au candidat de choisir la mise en scène (décor, figurants, rythme), et de se montrer sous ses plus beaux atours. La déclaration officielle peut prendre une multitude de formes, de la plus solennelle à la plus conviviale.

La conférence de presse devant une myriades de journalistes invités pour l'occasion est sans conteste la plus classique sur le plan formel. L'allocution officielle, depuis un bureau comme Valéry Giscard d'Estaing (1974 et 1981), Edouard Balladur (1995), ou dans son fief, à Lyon, pour Raymond Barre en 1988, en est l'illustration la plus guindée.

La plus "chaleureuse" est celle que vient de choisir Arnaud Montebourg, qui s'est lancé dimanche dans son meeting de Frangy-en-Bresse, sous les acclamations de militants euphoriques. Une méthode idéale pour qui veut se présenter en candidat proche du peuple.

C. P.