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Collomb candidat à Lyon: l'opposition torpille le "Titanic" Macron

Gérard Collomb

Gérard Collomb - LUDOVIC MARIN / AFP

L'opposition voit dans l'annonce de la prochaine candidature de Gérard Collomb à la mairie de Lyon le signe d'une débandade gouvernementale.

C'est une nouvelle brèche dans laquelle s'engouffre l'opposition: déjà lézardé par le départ des piliers "vedettes" de son gouvernement, Nicolas Hulot et Laura Flessel, le temple jupitérien est cette fois ébranlé par le départ programmé de sa colonne politique, en la personne de Gérard Collomb. L'annonce des ambitions municipales du ministre de l'Intérieur a été l'occasion d'un nouvel assaut des troupes de l'opposition, toutes sensibilités confondues.

"Surréaliste"

À la tête des Républicains, Laurent Wauquiez mène la charge:

"Penser qu'on puisse avoir un ministre de l'Intérieur à mi-temps montre bien la déconnexion du pouvoir sur l'insécurité subie par les Français", attaque le président la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Le chef de file de la droite qualifie de "surréaliste" cette annonce d'"un ministre qui choisit sa date de départ", un acte selon lui "révélateur de l'affaiblissement du président de la République".

Sur notre antenne, le député du Pas-de-Calais Daniel Fasquelle tire lui aussi à vue. "On a l’impression aujourd’hui que c’est le sauve-qui-peut", martèle-t-il. "Je pense qu’il faut que Gérard Collomb réfléchisse bien aux conséquences de son annonce. Il va forcément être affaibli en tant que ministre de l’Intérieur. C’est compliqué d’avoir les pieds à Paris et la tête à Lyon, or quand on est ministre de l’Intérieur il faut avoir les pieds à Paris et la tête à Paris."

Sa collègue élue des Bouches-du-Rhône, Valérie Boyer, se charge de porter l'estocade pour Les Républicains, clamant son ras-le-bol de "cette politique des castings permanents, des vassalités organisées". "Le poste de ministre de l’Intérieur dans un pays en guerre contre le terrorisme n’est pas un strapontin pour conquérir une ville", fait-elle valoir, Gérard Collomb ayant précisément quitté ses fonctions de sénateur-maire de Lyon pour entrer au gouvernement.

"Un pilote dans l'avion?"

Au Rassemblement national, le ton est volontiers vengeur:

"La bonne nouvelle de la nuit: Collomb va enfin quitter le gouvernement. Son incompétence aurait déjà dû l’écarter de ce costume trop grand pour lui!", tweete ainsi Jean-Lin Lacapelle, membre du bureau national du parti d'extrême droite. 

"Monsieur Hulot est parti, Monsieur Bayrou est parti, maintenant Monsieur Collomb part, sans compter les Ministres empêtrés dans les affaires judiciaires. Y a-t-il un pilote dans l'avion?", demande à son tour le député du Nord Sébastien Chenu sur LCI.

"#Titanic"

Sur l'aile gauche, Insoumis et communistes montent eux aussi au créneau. "On a un ministre de l’Intérieur qui dit que finalement, plutôt que de s’occuper de la sécurité publique des Français, il va bientôt démissionner pour aller s’occuper des élections municipales à Lyon", tonne sur notre antenne le député de Seine-Saint-Denis Stéphane Peu. L'élu PCF fustige "ces gens qui préfèrent leurs petits parcours personnels" à leurs missions de ministre.

Les lieutenants de Jean-Luc Mélenchon ont quant à eux choisi de comparer le vaisseau macroniste au "#Titanic". Le député Éric Coquerel est à la barre pour ce coup de Trafalgar:

"On ne va pas regretter Collomb, ni à mon avis les policiers vu la façon dont il s’est défaussé sur eux lors de l’affaire Benalla mais son départ est un trou de plus au dessous de la flottaison du Titanic Macron. Ça va finir par couler tout ça", écrit-il sur Twitter.

Anticipant quelque peu sur une victoire de Gérard Collomb en 2020, Bastien Lachaud raille, lui aussi en 280 caractères, l'agonie de la révolution macronienne. "Voilà que le nouveau monde ressemble furieusement à l'ancien, avec un 4e mandat: bel exemple de cumul des mandats dans le temps", conclut l'élu de Seine-Saint-Denis.

Louis Nadau