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"Hubris" du chef de l'Etat: un dîner secret pour s'expliquer entre Collomb et Macron

Emmanuel Macron et Gérard Collomb

Emmanuel Macron et Gérard Collomb - JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP

Après la sortie de Gérard Collomb sur le "manque d'humilité" de l'exécutif, le ministre de l'Intérieur et le président de la République se sont expliqués lors d'un dîner secret à l'Elysée.

C'était une dissonance inouïe dans la sérénade que se chantent Emmanuel Macron et Gérard Collomb: pour la première fois, ce fidèle parmi les fidèles du président de la République, ancien maire de Lyon devenu ministre de l'Intérieur, émettait une réserve quant à la personne du chef de l'Etat. Sur notre antenne, l'ex socialiste estimait ainsi que l'exécutif "avait peut-être manqué d’humilité" depuis le début du quinquennat. 

"L’hubris, c’est la malédiction des dieux quand, à un moment donné, vous devenez trop sûr de vous, que vous pensez que vous allez tout emporter", avait averti l'agrégé de lettres classiques.

Dîner secret

La sortie n'est pas passée inaperçue au château, selon des informations du Parisien confirmées à BFMTV: "Le président n’était pas content !", assure l'un de ses proches au quotidien. Si bien qu'un dîner secret s'est tenu lundi dernier à l'Elysée entre Gérard Collomb et Emmanuel Macron, en présence de son épouse Brigitte, pour mettre la situation au clair. Pour le patron de Beauvau, le reproche exprimé sur BFMTV était "collectif", il s'agissait de faire passer un message au président de la République.

"Je lui ai dit ce qui n’allait pas, il m’a répondu", confie Gérard Collomb au Parisien. "Le président voit bien que les temps sont durs, nous a confié le ministre. La première année, c’est la plus difficile. Vous êtes dans une espèce d’enthousiasme collectif."

Manœuvre

Emmanuel Macron soupçonnait notamment Gérard Collomb de multiplier les sorties divergeant de la ligne présidentielle - sur la limitation de vitesse à 80 km/h ou l'affaire Benalla, en plus de ses dernières déclarations - pour créer un prétexte à son départ du gouvernement.

Ce à quoi l'ancien sénateur a répondu qu'il souhaitait se consacrer à Lyon, où la droite pourrait l'emporter en 2020. Il sera donc de retour dans son fief lyonnais pour les élections municipales, quittant le ministère de l'Intérieur. 

Louis Nadau