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Collège: Jean-Pierre Chevènement dénonce une réforme "laxiste"

Jean-Pierre Chevènement, en septembre 2013.

Jean-Pierre Chevènement, en septembre 2013. - Patrick Kovarik - AFP

Si le projet de réforme des collèges porté par Najat Vallaud-Belkacem passe mal auprès des enseignants, il est également pointé du doigt par la classe politique, et notamment par des personnalités de gauche. L'ancien ministre de l'Education nationale Jean-Pierre Chevènement fustige ainsi une réforme "laxiste".

En plus de la grogne des professeurs, en grève et dans la rue ce mardi, la réforme de l'Education nationale portée par Najat Vallaud-Belkacem subit depuis plusieurs jours les critiques de la classe politique, tous bords confondus. Dans une interview au Figaro mardi, Jean-Pierre Chevènement, qui fut ministre de l'Education nationale sous le gouvernement Fabius, de 1984 à 1986, juge sévèrement la réforme des collèges défendue par l'actuelle locataire de la rue de Grenelle.

"Egalitarisme niveleur"

Soulignant que l'école a "besoin de stabilité", Jean-Pierre Chevènement dénonce "l'incessante 'réformite'" dont elle est victime depuis plusieurs décennies. Et de dénoncer une réforme allant "toujours dans le même sens", celui du "laxisme", selon lui. "Cette réforme du collège diminue les horaires des disciplines pour promouvoir des enseignements pratiques interdisciplinaires. Or, il n'y a de véritable interdisciplinarité que sur la base de savoirs disciplinaires maîtrisés", estime l'ancien ministre, pour qui la priorité doit être donnée aux apprentissages fondamentaux.

Jean-Pierre Chevènement fustige également "l'égalitarisme niveleur", "ennemi de la démocratie véritable", amené selon lui par cette réforme, voulue pourtant comme une solution contre les inégalités. 

Des conseils à Najat Vallaud-Belkacem

Quant à la ministre à l'origine de cette nouvelle réforme, Najat Vallaud-Belkacem, le fondateur du Mouvement des citoyens estime qu'elle "donne l'image d'une jeune femme qui a réussi". "Je souhaite qu'elle mette son caractère au service d'une conception républicaine de l'école. Je souhaite également qu'elle écoute les conseils donnés de bonne foi", ajoute Jean-Pierre Chevènement.

La réforme du collège pour 2016 prévoit de laisser chaque établissement fixer 20% de son emploi du temps, avec de l'accompagnement personnalisé pour tous, de l'interdisciplinarité et une LV2 avancée en cinquième.

A.S.