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Grève des profs: baptême du feu pour Najat Vallaud-Belkacem

La réforme des collèges portée par la ministre de l'Education nationale passe mal auprès d'une majorité d'enseignants. Plusieurs syndicats veulent négocier tandis que d'autres sont favorables à un retrait pur et simple du projet. L'ampleur de la mobilisation lors de manifestations prévues ce mardi va être cruciale pour la suite des événements.

Soutien de l'enseignement privé pour la réforme

Ces mesures ont suscité de très vives réactions au sein de la droite et auprès de quelques personnalités de gauche. Mais c'est l'autonomie accrue accordée aux établissements et l'interdisciplinarité (croiser deux disciplines lors d'un même cours) qui mécontentent le plus les syndicats anti-réforme. Ils redoutent que la première donne trop de pouvoir aux chefs d'établissement et que la seconde grignote les horaires de chaque matière, dans un pays où le corps professoral est très attaché à ses disciplines.

La réforme a aussi ses partisans: la gauche bien évidemment, deux syndicats dits réformateurs (SE-Unsa et Sgen-CFDT, 20% aux élections professionnelles), la FCPE, première fédération de parents d'élèves et... l'enseignement privé catholique, qui scolarise 20% des collégiens en France et auquel la réforme s'applique aussi.

Une première confrontation pour la ministre

Pour la ministre, c'est une première confrontation à un vaste mouvement de protestation, depuis son arrivée à son poste fin août.

Elle avait succédé à Benoît Hamon, resté quelques semaines. Vincent Peillon, parti en avril à la faveur d'un remaniement, avait été très affaibli par les manifestations contre la réforme des rythmes scolaires. Fort opportunément, le ministère vient de publier une étude faisant état de résultats peu glorieux sur les capacités mathématiques des élèves de troisième réalisée auprès de 8.000 élèves.

D. N. avec AFP