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Castaner et Nunez répondent aux critiques de Bertrand et défendent leur politique sécuritaire

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Christophe Castaner et Laurent Nunez ont co-signé, ce dimanche, dans le Journal du Dimanche, une tribune dans laquelle ils répondent aux critiques émises par Xavier Bertrand sur la politique sécuritaire du gouvernement.

En France, l'année 2019 a été marquée par une forte hausse de la délinquance. Selon les chiffres d'Interstats, le service de statistiques du ministère de l'Intérieur, plusieurs indicateurs sont en hausse: +9% d'homicides, +12% de violences sexuelles, +8% de coups et blessures volontaires, ou encore +11% de cas d'escroquerie. 

Il n'en fallait pas plus pour que l'opposition attaque le gouvernement. Le président du Conseil régional des Hauts-de-France Xavier Bertrand a ainsi estimé, dans les colonnes du Journal du Dimanche, la semaine dernière, que la politique sécuritaire d'Emmanuel Macron est un "fiasco". Une critique qui n'a pas plu au ministre de l'Intérieur Christophe Castaner et à son secrétaire d'Etat Laurent Nuñez. Les deux hommes ont co-signé, ce dimanche, dans le même quotidien, une tribune dans laquelle ils défendent leur bilan.

"Jouer avec les chiffres, alimenter les fantasmes et faire flamber les peurs, ce n'est pas être un responsable politique. [...] Tous, nous devons être à la hauteur de l'engagement de nos forces de l'ordre. Cela veut dire agir pour nos forces de l'ordre et les défendre, et non s'offrir à bon compte, à grand renfort d'approximations et de mensonges, un petit vernis régalien sur leur dos", soulignent-ils dans le texte.

"La honte d'avoir taillé dans les effectifs"

Christophe Castaner et Laurent Nunez assurent que, contrairement à ce que dirait Xavier Bertrand, "un milliard d'euros supplémentaires qui ont été alloués par ce gouvernement aux forces de sécurité intérieure et, en 2020, le budget de la police augmente de 5,3%." "Cette hausse, ce sont 1400 emplois supplémentaires cette année", ajoutent-ils.

Ils attaquent, ensuite, à leur tour, la droite, au pouvoir entre 2007 à 2012, qui est "toujours si prompte à donner des leçons de sécurité" et qui "portera pour longtemps la honte d'avoir taillé dans les effectifs pour de pures raisons budgétaires".

"Non, M. Bertrand, la situation de notre pays n'était pas à ce point heureuse il y a dix ans pour justifier la suppression, que nous payons encore malgré nos efforts de rattrapage, de 12.500 postes de policiers et gendarmes entre 2007 et 2012. Vous nous parlez d'"explosion de la violence". Mais les chiffres sont là, qui vous démentent et vous démasquent. 1020 homicides en 2019? 1002 en 2011. 91.150 vols avec violence en 2019? 125.951 en 2011. 9259 vols à main armée en 2019? 16.193 en 2011", répondent-ils à Xavier Bertrand.

Les deux hommes appellent finalement leur opposant à "préférer comme [eux] l'humilité et le travail aux postures et aux coups de menton". 

Clément Boutin