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"Ça crée une colère de plus": Hollande déplore le recours au 49.3 pour la réforme des retraites

François Hollande.

François Hollande. - Kena Betancur / AFP

Sous son quinquennat, la responsabilité du gouvernement a pourtant été engagée à six reprises par Manuel Valls, notamment pour la décriée loi travail en 2016.

"Je pense qu'il n'y avait pas d'urgence absolue", a réagi ce lundi François Hollande sur RTL, au sujet de la décision annoncée samedi de l'exécutif d'avoir recours à l'article 49 alinéa 3 de la Constitution pour la réforme des retraites.

Cette disposition du texte fondateur de la Ve République permet au Premier ministre d'engager la responsabilité du gouvernement afin de faire adopter un texte sans que ce dernier ne soit soumis au vote des parlementaires.

"Faire voter le texte par la procédure du 49.3 avant les élections municipales ou le faire voter par un vote parlementaire puisque le gouvernement a une majorité, quelle différence?", s'est interrogé l'ancien président de la République. "Sauf que là ça crée une frustration, une colère de plus et aussi le fait que le débat n'ait pas pu porter sur les articles les plus importants, c'est-à-dire la valeur du point et puis aussi la gestion du futur système, donc c'est dommage pour la clarté et donc pour les Français."

Une arme pourtant largement utilisée par Hollande

Aujourd'hui critique du dispositif, François Hollande avait eu recours à plusieurs reprises au 49.3 lorsqu'il était locataire de l'Élysée, notamment du fait de la présence de "frondeurs" au sein de la majorité parlementaire de l'époque. Son Premier ministre Manuel Valls avait engagé la responsabilité du gouvernement six fois pour faire adopter les lois Travail et Macron entre 2015 et 2016.

Dans une interview accordée au Parisien samedi, Manuel Valls a pour sa part soutenu Emmanuel Macron et admis que le 49.3 pouvait "aujourd'hui donner le sentiment d'une forme de brutalité", ajoutant toutefois qu'il n'avait "pas de conseils à donner".

Manifestations pour dénoncer le 49.3

Ce mardi, une manifestation est prévue pour les opposants à la réforme des retraites, furieux du recours à cette arme constitutionnelle pour le moins controversée. Selon les syndicats, cités par l'Agence France-Presse, cette procédure démontre "l'impuissance du gouvernement à répondre aux interrogations sérieuses et légitimes des parlementaires à propos de ce projet incomplet, très approximatif, aux multiples inconnues".

Trois parlementaires de La République en marche - deux députés et un sénateur - ont annoncé leur départ du groupe parlementaire à la suite de l'annonce.

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Clarisse Martin