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"C'est aussi un animal politique": à l'Intérieur, Darmanin dans les pas de Sarkozy

Gérald Darmanin le 7 juillet 2020 lors de son arrivée au ministère de l'Intérieur à Paris

Gérald Darmanin le 7 juillet 2020 lors de son arrivée au ministère de l'Intérieur à Paris - Thomas SAMSON © 2019 AFP

Nommé lundi place Beauvau, le fidèle de l'ancien chef de l'État a occupé le terrain médiatique et politique tout au long de la semaine.

Pour Gérald Darmanin, c'est une promotion. Lundi, l'ex-ministre de l'Action et des Comptes publics d'Édouard Philippe est devenu ministre de l'Intérieur de Jean Castex. Dans la droite ligne de son mentor Nicolas Sarkozy, il y a quelques années, dont il avait notamment été coordinateur de campagne en 2016, pour la primaire de la droite et du centre.

"La première pensée que j'ai eue, quand j'ai vu sa nomination à l'Intérieur, c'est qu'il est passé du Budget à l'Intérieur, exactement comme Nicolas Sarkozy", souffle une députée LR à BFMTV.com.

Avant d'être élu président de la République en 2007, l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine avait été ministre du Budget entre 1993 et 1995, avant d'être nommé à l'Intérieur entre 2002 et 2004.

Première semaine chargée

La première semaine de Gérald Darmanin à Beauvau a été dense. Mardi matin, il a fallu se plier à l'exercice de la passation de pouvoirs avec Christophe Castaner, avant d'enchaîner sur une visite dans un commissariat de Mureaux (Yvelines), en hommage au couple de policiers tués en 2016 à leur domicile de Magnanville. Le reste de la journée a été occupé par le premier Conseil des ministres du gouvernement de Jean Castex. Gérald Darmanin a ensuite effectué son premier déplacement en province en qualité de ministre de l'Intérieur, dans le Lot-et-Garonne, pour un hommage à la jeune gendarme tuée samedi soir par un chauffard qui voulait éviter un contrôle routier.

Mercredi, le nouveau ministre de l'Intérieur reçoit les syndicats de policiers, fervents contempteurs de son prédécesseur Christophe Castaner, avant d'effectuer le soir une visite surprise au côté de la ministre déléguée à la Citoyenneté Marlène Schiappa dans le XVIIIe arrondissement de Paris, à la recontre des forces de l'ordre.

Ce jeudi, le "premier flic de France" a commencé sa journée par l'interview matinale de RTL, avant de se rendre à nouveau en Nouvelle-Aquitaine, en Gironde, pour une cérémonie d'hommage à Mélanie Lemée, la jeune gendarme tuée samedi.

Après l'"hyperprésident", "l'hyperministre"?

Un agenda bien rempli, que n'aurait pas renié Nicolas Sarkozy lors de son passage au ministère de l'Intérieur, lui qui fut ensuite maintes fois décrit comme un "hyperprésident". "On ne peut que penser à Nicolas Sarkozy" au vu de cet emploi du temps, corrobore cette même députée issue de la droite.

"Gérald Darmanin occupe le terrain politique et médiatique", note-t-elle, soulignant la "relation très particulière" entre les deux hommes, qu'elle a côtoyés, estimant qu'à l'instar de Nicolas Sarkozy, Gérald Darmanin est "aussi un animal politique, dans le sens où il vit pour ça".

Une analyse que partage Arnaud Mercier, professeur en communication à l'université Paris 2 Panthéon-Assas. "Je pense qu'il est évident qu'il a Nicolas Sarkozy pour modèle, il en a été proche", estime-t-il. "Et comme Nicolas Sarkozy adore disperser des perles de sagesse à des jeunes débutants, il a dû lui dire que le ministère de l'Intérieur, surtout quand on est à droite, c'est un marchepied pour des ambitions plus hautes...".

L'ambitieux Darmanin

Sur l'agenda bien rempli de Gérald Darmanin, "c'est exactement ce que Nicolas Sarkozy faisait, et ce que souvent beaucoup de ministres de l'Intérieur font", décrypte Arnaud Mercier.

Mais ce dernier pointe une différence notable entre les deux hommes. Gérald Darmanin était le seul membre du gouvernement présent samedi lors de l'élection d'Édouard Philippe, issu de la droite juppéiste, au Havre. "Un geste important", pour Arnaud Mercier, qui y voit comme une tentative d'incarner une droite "œcuménique". En vue d'ambitions plus hautes par la suite? Cela ne laisse que peu de doutes pour le spécialiste de communication politique: "Il ne pense qu'à ça."

En attendant un horizon plus lointain, Gérald Darmanin pourrait se rendre ce vendredi à Dijon au côté de Jean Castex, selon le quotidien local Le Bien Public, quelques semaines après les violences survenues dans la ville de Côte-d'Or, impliquant des membres de la communauté tchétchène, afin de rencontrer les forces de l'ordre.

Clarisse Martin Journaliste BFMTV