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Bayrou : « Faire grève pendant la rentrée n'est pas une bonne idée »

François Bayrou, président du Modem, invité de Bourdin Direct ce jeudi

François Bayrou, président du Modem, invité de Bourdin Direct ce jeudi - -

Le président du Modem et ex-ministre de l'Education nationale, François Bayrou, était l'invité de Bourdin Direct ce jeudi. Pour lui, la grève est compréhensible mais la méthode est mauvaise.

Interrogé sur les deux journées de grève pour la défense des retraites, lundi et mardi prochain, auxquelles se joindront les personnels de l’Education nationale, François Bayrou estime qu’il peut « comprendre les raisons ».

« Mais je pense », poursuit-il, « que faire grève le jour de la rentrée ce n’est pas une bonne idée. Ce sont des mouvements qui deviennent incompréhensibles pour les gens dès lors qu’ils touchent les gens le jour de la rentrée. Alors c’est symbolique tout ça, on en mourra pas. Mais ça devrait être les jours les plus importants pour le pays et tout d’un coup on s’aperçoit qu’on retrouve les mêmes difficultés les mêmes mouvements sociaux ».

« Je pense que l’Education nationale a raison de se plaindre de la manière dont on la traite, mais je pense que c’est pas la bonne méthode de faire grève le jour de la rentrée », conclue-t-il.

« Politiques publiques en matière d'éducation illisibles »

Alors que 12 millions d’élèves effectuent leur rentrée des classes ce jeudi, le président du MODEM estime que « ça devrait être le jour le plus important de l’année. Parce que c’est le jour où se réunissent tous ceux qui veulent faire que le destin de la France et de tous ceux qui la forment soit différent, plus grand, plus beau.
Tous les peuples sans exception qui réussissent de manière exceptionnelle dans un monde difficile, tous ces peuples là ont un point commun : ils ont une école qui a pour les élèves des performances des réussites qui ne ressemblent pas aux autres. La France c’est le pays du monde qui a choisi que l’école soit libre, gratuite, généralisée à tous les enfants. Et que ce soit la solidarité nationale qui la paie ».

Néanmoins, l'ancien ministre est nettement plus critique sur la manière d'enseigner. « Est-ce que les résultats sont à la hauteur ? Non. Et puis gravement non. Parce que pour simplifier l'école française, elle marche très bien pour 50% des élèves; elle est à peu près au niveau pour 20% de plus et il y a 30% des élèves qui passent à côté, notamment des élèves des milieux les plus fragiles. [...] Les politiques publiques en matière d'éducation sont illisibles, et je mets tout le monde [dedans]. Depuis des années. Parce qu'on vous annonce des réformes qui en fait sont des réformettes ».

Remaniement: « Pas d'autre solution que d'aller très vite »

Egalement interrogé au sujet de l'imminence d'un remaniement ministériel par Nicolas Sarkozy, François Bayrou estime que « la situation a atteint un point de dégradation et de décomposition (...) tel, et puis une paralysie du gouvernement telle, des gens qui ne font plus rien que de se tirer dans les pattes que, à mon avis, il [Nicolas Sakozy] n'a pas d'autre solution que d'aller très vite. [...] Moi je ne crois pas qu'il puisse facilement changer François Fillon. Quand un Premier ministre fait son travail, qu'il a une popularité, qu'il est estimé ou reconnu... je peux aussi reconnaitre qu'il y a des gens estimables même quand ils ne sont pas d'accord avec moi ».

Pour retrouver l'intégralité du podcast de François Bayrou chez Jean-Jacques Bourdin, cliquez ici.