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Aubry, en clair obscur

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Bilan mitigé pour Martine Aubry à Lille. La ville bien gérée gagne en notoriété mais la propreté et le chômage ternisse le tableau. Son adversaire, jeune et méconnu, ne semble pourtant pas en mesure de lui contester la place.

Martine Aubry brigue un second mandat et semble indétrônable. Madame 35 heures (comme la surnomme certains) est créditée dans un sondage de 64% d’intentions de vote au second tour. Une hégémonie qu’elle doit en bonne partie à son bilan. Grâce à Aubry, Lille est devenue une ville réellement européenne, En 2004 Lille était même capitale européenne de la culture, un évènement qui a ramené une multitude de touristes de l’Europe entière. Une manne pour l’économie locale.
Depuis que Martine Aubry est à la tête de la ville, près de 14000 nouveaux habitants, majoritairement issus de la classe moyenne, sont venus s’installer à Lille. Par ailleurs la qualité de la gestion Aubry de la fiscalité locale est reconnue de beaucoup. Tous les voyants seraient donc au vert ? Non. Quelques ratés pourraient ouvrir une brèche pour ses adversaires, au premier rang desquels la saleté de la ville. Tous les lillois s’en plaignent. William, lillois, confirme l’insalubrité de certaines rues alentours du marché de Wazemmes : « Le matin quand j’arrive vers 6h toutes les poubelles sont par terre, ça ne fait pas propre, il faut faire quelque chose. » L’emploi est le second point noir du bilan de la socialiste en poste : 12% de chômeurs. Un taux qu’elle n’aura pas su faire baisser lors de son mandat.

L’occasion, peut être, pour son rival Sébastien Huyghe (UMP), le plus jeune député de la majorité, d’accroître son aura à Lille. Mais le candidat de Droite qui avait battu Aubry aux législatives de 2002, souffre malgré tout d’un gros problème de notoriété. Les lillois le connaissent mal, voire pas du tout « On n’a pas eu sa visite, ni son programme…il est peut être un peu jeune ? » explique une lilloise. Le déficit de charisme d’Huyghe ne joue donc pas en sa faveur. C’est sans doute pour cela qu’il joue l’ouverture et prend la nièce de Pierre Mauroy, Brigitte Mauroy, dans son équipe. Un coup médiatique qui a semble-t-il fait long feu. Côté idées, le bilan est maigre et celle qu’il ressort comme un leitmotiv ne séduit pas : Recouvrir le périphérique lillois pour gagner de l’espace ! Quid du financement d’un tel projet ? La réponse des militants de droite ne rassure pas: « On verra plus tard ! »
Résultat des courses : le candidat du MoDem devrait rejoindre Martine Aubry dès le premier tour.

dossier :

Martine Aubry

La rédaction & Stanislas Bertin