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Nuit de violences dans l'Orne: à Alençon, Marine Le Pen dénonce "l'échec total des gouvernements"

Marine Le Pen s'est déplacée ce jeudi en fin de matinée à Alençon, décor dans la nuit de mardi à mercredi d'une émeute ayant visé les forces de l'ordre. Elle a estimé que l'événement signait la défaite de l'exécutif sur tous les plans.

Marine Le Pen s'est rendue, ce jeudi en fin de matinée à Alençon dans l'Orne, après que la ville a été le théâtre d'une nuit d'émeute entre mardi et mercredi. Lors de celle-ci, des délinquants - dont le maire de la ville a évalué le nombre à une "trentaine" - ont visé des policiers au mortier d'artifice, sans faire de victime.

Treize véhicules ont par ailleurs été incendiés. Une enquête en flagrance ont été ouverte pour "destruction par incendie" et "violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique".

Pour la candidate du Rassemblement national présente sur place ce jeudi matin, ces violences urbaines sont la preuve de l'"échec total" de l'exécutif dans tous les domaines, de la politique de la ville à la politique carcérale.

"Presque une spécialité française"

"Ces émeutes qui étaient d'abord le fait des banlieues, des grandes villes ont commencé à gangréner des villes plus petites, comme Alençon, hier Audincourt dans le Doubs. On voit que cet ensauvagement est en train de toucher l'ensemble de la ruralité", a-t-elle d'abord lancé à la presse, avant de livrer sa version des événements qui ont enflammé la nuit normande:

"C'est presque devenu une spécialité française que de laisser ces émeutes - qui sont des guet-apens - se dérouler. Il s'agissait ici de monter un guet-apen pour attaquer la police et les pompiers", a-t-elle considéré.

Marine Le Pen a ensuite fait part de sa "très vive inquiètude". "C'est surtout un échec absolument total pour les gouvernements". "Un échec de toutes les politiques mises en œuvre: politique de la ville, la politique d'immigration, la politique pénale, la politique carcérale", a-t-elle listé. Et pour la députée élue dans le Pas-de-Calais, le pouvoir actuel fait ici l'impasse: "Gérald Darmanin n'a pas souhaité s'exprimer, il a préféré envoyer la préfète pour faire une déclaration clinique sur la situation, ce n'est pas ce que les Français attendent." Selon elle, "ils attendent une vision claire de ce que l'on va faire pour pouvoir écarter ces délinquants, ces criminels et protéger la société de ces agissements".

Marine Le Pen déroule son programme

La candidate à la prochaine présidentielle en a profité pour égrener ses solutions en matière sécuritaire, fixant en préambule: "Il est donc urgent de passer un tour de vis pour que cesse cette insécurité permanente dans notre pays." Elle a appelé à "rétablir l'autorité républicaine, la sûreté et la sévérité des peines, permettre aux policiers et aux gendarmes de pénétrer dans ces zones de non-droit qui se multiplient sur notre territoire". "Quand je serai présidente, les policiers, les gendarmes, les pompiers rentreront partout", a-t-elle garanti.

Marine Le Pen a ensuite tourné son regard vers les foyers des fautifs, demandant la suppression "des allocations familiales des familles de délinquants", et leur "expulsion des logements sociaux". "Il faut appliquer l'article 227-17 du Code pénal pour pouvoir poursuivre les parents de ces mineurs - car pour beaucoup ils sont mineurs - qui ne respectent pas les obligations parentales qui sont les leurs", a-t-elle encore réclamé. "C'est passible de deux ans de prison et de 30.000 euros d'amende", a encore précisé l'avocate de formation.

Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV