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Nuit de violences urbaines à Alençon, une quinzaine de véhicules incendiés

Au moment d'intervenir, pompiers et forces de l'ordre ont été la cible de tirs de mortiers, et ont été forcés de reculer.

Treize véhicules ont été incendiés dans la nuit de mardi à mercredi dans le quartier de Perseigne de la ville d'Alençon (Orne). Ces troubles seraient le fait d'une vingtaine de jeunes, selon une source policière à BFMTV. Le maire socialiste de la ville Joaquim Pueyo a qualifié les faits "d'extrêmement graves", sur notre antenne ce mercredi.

"Cette nuit, nous avons eu à déplorer une nuit de violences urbaines à Perseigne à Alençon, il y a une grosse dizaine de véhicules qui ont été incendiés", a expliqué sur BFMTV la préfète de l'Orne Françoise Tahéri. Cette nuit, "les policiers sont intervenus rapidement pour stabiliser la situation, ils ont été renforcés par les gendarmes".

Forces de l'ordre et pompiers contraints de quitter les lieux

Les pompiers et policiers sont en effet intervenus aux alentours de minuit, après avoir été avisés de plusieurs départs de feu sur des véhicules de particuliers dans le quartier de La Perseigne. Mais déployés sur place, ils ont essuyé une quinzaine de tirs de mortiers de la part d'une vingtaine d'individus postés à différents endroits du quartier. Treize gendarmes sont intervenus en renfort, et les heurts se sont arrêtés aux alentours de 3h30 du matin.

"Je me réjouis de constater qu'il n'y a pas eu de victimes", déclare la préfète, car "eu égard aux tirs de mortiers qui ont été essuyés par les policiers, par les gendarmes et par les pompiers, il y aurait pu y avoir des blessés".

L'arrestation de jeunes du quartier à l'origine des violences?

D'après une source policière à BFMTV, les individus voulaient "vraisemblablement" protester contre l'arrestation, de deux jeunes - actuellement en garde à vue - soupçonnés d'être impliqués dans un petit trafic de stupéfiants dans le quartier (cannabis, cocaïne, héroïne). Le schéma était classique: les jeunes ont mis le feu aux véhicules de particuliers afin de déclencher une intervention des pompiers et des policiers pour pouvoir en découdre et caillasser les véhicules.

Pour le maire d'Alençon, "l'origine de ces faits c’est que des personnes ont été interpellées hier en flagrance pour des problèmes de trafic de stupéfiants (...) il y a une préparation de ces faits, cela n’a pas été spontané".

"L’enquête dira ce qui a provoqué cette flambée de violences", déclare Françoise Tahéri, mais "ce qui est certain c’est que dans la journée de mardi les policiers ont interpellé des trafiquants de drogue en flagrance. L’enquête dira s’il y a un lien entre ces événements, on peut le supposer eu égard à la concomitance des faits".

Aucune interpellation pour le moment

Aucune interpellation n'a pour le moment été faite, selon nos informations, et le quartier de la Perseigne est calme ce matin. "Ce sont des faits très graves et j’espère que les auteurs seront rapidement interpellés parce qu’on ne peut pas l’accepter", a répété Joaquim Pueyo, qui souligne toutefois que le profil des agresseurs "n'a pas encore été déterminé". Il réclame une "réponse pénale forte", face aux violences de la nuit.

"J’ai mis en place de la vidéo surveillance il y a quelques années, nous avons 60 caméras, et on va encore la renforcer", a-t-il lancé. "Je crois que la vidéosurveillance permet de détecter des personnes qui ont commis des faits, j’espère qu’on pourra le faire face à ces faits graves".

La préfète a également annoncé ce mercredi avoir demandé des renforts de forces de l'ordre.

Vincent Vantighem avec Salomé Vincendon