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Alain Juppé, ce qui peut coincer

Alain Juppé est, depuis plusieurs semaines, envisagé comme le recours des Républicains si François Fillon se désiste. Une hypothèse renforcée en cette fin de semaine. Mais l'éventuelle candidature du maire de Bordeaux n'est pas sans quelques limites. Explications.

La discrétion d'Alain Juppé interroge. Depuis la conférence de presse de François Fillon, mercredi, où ce dernier a annoncé le maintien de sa candidature, le maire de Bordeaux a tout simplement disparu. 

Juliette Wallon, envoyée spéciale de BFMTV à Bordeaux, détaille:

"Il a annulé tous ses rendez-vous jusqu'à lundi, et n'a pas assisté au match de foot hier (vendredi, NDLR) soir entre les Girondins et les Lyonnais". Se prépare-t-il dans le plus grand secret avec ses proches?

L'ombre du Front national

Celui qui est arrivé en deuxième position lors de la primaire à droite s'est déclaré prêt, vendredi, dans les colonnes du Parisien: "Je ne me défilerai pas. Cette situation ressemble à un suicide collectif". Pour Bernard Sananès, président de l'institut de sondage Elabe, le maire de Bordeaux "ne peut pas s'improviser candidat à la présidence de la République. Le temps compte".

Il ajoute, ce samedi, sur notre antenne:

"Il a été sévèrement battu à la primaire, il n'a rassemblé qu'un tiers des voix au second tour. Un certain nombre d'électeurs de droite disent qu'ils n'ont voté ni pour Juppé, ni pour son programme. Tout l'enjeu pour lui serait d'éviter que ses électeurs, qui soutiennent encore François Fillon, et qui sont majoritaires dans les sondages, ne basculent vers le Front national, en disant 'on nous a volé notre vote, on nous a volé notre victoire'"

François Baroin, l'autre plan B envisagé

En outre, François Baroin pourrait faire figure de rival. Nicolas Sarkozy a rencontré, vendredi, Bernard Accoyer et Gérard Larcher:

"Ils sont venus voir la position de l'ancien président. Jusque là, lui et ses proches étaient dans une position de ni-ni, ni François Fillon, ni Alain Juppé... Mais plutôt François Baroin", a révélé notre journaliste Antoine Heulard. 

En effet, l'inimitié entre l'ancien président de la République et celui qui fut ministre des Affaires étrangères durant sa mandature n'est un secret pour personne. D'aucuns estiment que Nicolas Sarkozy préférerait voir un Fillon perdant, qu'un Juppé gagnant. Nadine Morano, qui s'est désolidarisée de François Fillon, est également en faveur d'une candidature de François Baroin:

"Quel est celui qui rassemblerait le plus? François Baroin a été ministre, il est sénateur, il est président de l'association des Maires de France, il a été parlementaire, vice-président de l'Assemblée nationale, il a ces talents de rassemblement [...] François Baroin est un homme de responsabilité et je le sais respectueux des personnes comme il l'est de François Fillon, comme nous le sommes tous". 

En coulisses, les partisans d'Alain Juppé s'activent pour lui arracher les 500 parrainages avant le 17 mars. 

Alexandra Milhat