BFMTV

Affaire Le Roux: les commentaires prudents du camp Fillon

François Fillon.

François Fillon. - Thomas Samson - AFP

Ce mardi, le parquet financier a annoncé l'ouverture d'une enquête préliminaire sur l'embauche de ses deux filles à l'Assemblée nationale alors qu'elles étaient mineurs. De quoi affaiblir la défense de François Fillon, qui avait pris l'habitude de dénoncer l'instrumentalisation de la Justice?

Devant le QG de François Fillon ce mardi, la plupart de ses soutiens ont préféré ne pas se prononcer sur l'enquête qui vise Bruno Le Roux. Certains, comme Valérie Pécresse, espèrent néanmoins que la Justice sera aussi prompte à instruire cette affaire qu'elle l'a été pour leur candidat.

"J'espère que la Justice ne fera pas deux poids deux mesures" a-t-elle lancé au micro de BFMTV.

À l'Assemblée nationale, la prudence était également de mise. Daniel Fasquelle, député LR du Pas-de-Calais, a rappelé l'importance de "la présomption d'innocence". "Je l'ai demandée pour François Fillon, je n'ai pas une position à géométrie variable" a-t-il expliqué au micro de BFMTV. 

L'argument d'une Justice instrumentalisée

Cette affaire, qui relance une polémique que certains souhaitaient enterrer à un mois du premier tour, est à double tranchant pour François Fillon. Le candidat à la présidentielle, mis en examen dans les affaires d'emplois fictifs de sa famille, n'avait cessé jusqu'alors de dénoncer l'instrumentalisation de la Justice.

Lors de sa conférence de presse du 1er mars dernier, François Fillon s'en était notamment pris, dans un discours qui lui avait valu de nombreuses critiques, aux magistrats. "Je n'ai pas été traité comme un justiciable comme les autres" avait-il assuré. 

"Il est sans exemple dans une affaire de cette importance qu'une convocation aux fins de mise en examen soit lancée quelques jours à peine après la désignation des juges", avait dénoncé le candidat. 

Après la diffusion des révélations, lundi, sur l'emploi des filles de Bruno Le Roux comme collaboratrices parlementaires, alors qu'elles étaient encore mineures, la posture victimaire de François Fillon a été reprise par plusieurs à droite.

"Je constate que le PNF [le parquet national français] ne s'est toujours pas saisi quand il lui a fallu moins de 24h lors des révélations du canard" a ainsi tweeté Hervé Morin. "Le Roux signe 24 contrats familiaux à l'Assemblée. Bon maintenant on va voir si le PNF va se saisir aussi vite que pour François Fillon" a écrit de son côté Frédéric Nihous.

Nouveau rebondissement dans l'affaire Fillon

L'ouverture rapide d'une enquête contre de Bruno Le Roux, qui a annoncé sa démission ce mardi, tend à démonter cette "théorie du complot". Reste que l'ex-ministre de l'Intérieur n'est pas candidat à la présidentielle. Et que, dans le même temps ce mardi, l'affaire Fillon a connu de nouveaux rebondissements.

L'enquête contre le candidat a été élargie pour "escroquerie aggravée". Le quotidien explique que les enquêteurs ont saisi à l’Assemblée nationale des documents laissant penser que les époux Fillon ont pu produire des faux pour justifier les salaires de Penelope Fillon.

M.P