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Affaire Fillon: pour Morano, le parquet financier était devenu "un bras armé politique"

La députée européenne a réagi aux déclarations de l'ancienne cheffe du parquet national financier, Éliane Houlette, qui a indiqué avoir subi des "pressions de sa hiérarchie aux balbutiements de l'affaire Fillon.

C'est une déclaration qui ne manque pas de faire réagir la classe politique depuis ce jeudi. Entendue par la commission d'enquête de l'Assemblée sur les obstacles à l'indépendance de la justice le 10 juin, l'ancienne cheffe du parquet national financier Éliane Houlette, désormais retraitée, a confié avoir subi des "pressions" de sa hiérarchie dans le cadre de l'enquête concernant l'affaire Fillon, quelques mois avant la présidentielle de 2017.

"Je ne suis même pas consternée", a réagi ce vendredi matin Nadine Morano, invitée de BFMTV-RMC. Selon elle, le pouvoir en place à l'époque a volé l'élection présidentielle. "On a bien vu cette célérité de la justice, du parquet national financier, qui sur la base d'un article du Canard Enchaîné s'autosaisit avec une rapidité incroyable". a-t-elle commenté.

"Cette élection, elle était considérée comme imperdable. Imperdable, donc il fallait bien opérer d'une manière un peu plus violente et tactique", a tancé la députée européenne.

Éliane Houlette a fait état d'un "contrôle très étroit de sa hiérarchie", mais elle a toutefois défendu le fait qu'elle avait décidé en janvier 2017 d'ouvrir cette enquête en toute indépendance, après la mise au jour de soupçons d'emplois fictifs de la part de l'ancien Premier ministre et son épouse.

Fillon est tombé "dans un piège"

"Le parquet national financier était devenu un bras armé politique pour assassiner politiquement notre candidat", a estimé pour sa part l'ancienne ministre de François Fillon.

Pour Nadine Morano, celui qui était alors candidat à la présidentielle est tombé "dans un piège, dans une espèce de souricière". Elle a toutefois admis que la "communication (de François Fillon) n'a pas été très bonne en la matière, mais je crois aussi que, les faits le démontrent, il y a eu des pressions, (Éliane Houlette) le dit, c'est dommage qu'elle le dise que maintenant, mais on n'est pas dupe, François Fillon a été d'ailleurs médiatiquement condamné".

Clarisse Martin Journaliste BFMTV