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Affaire Fillon: Jacob souhaite que Urvoas, garde des Sceaux à l'époque, soit "entendu"

Invité de BFM Politique ce dimanche, Christian Jacob, président du parti Les Républicains, souhaite que "la lumière" soit faite "sur la procédure et sur les pressions sur un magistrat", après que la magistrate Éliane Houlette a évoqué avoir subi des "pressions du parquet général" au début de l'affaire Fillon, en février 2017, avant de nuancer ses propos.

"Les faits sont d'une extrême gravité." Invité de BFM Politique, ce dimanche, Christian Jacob, président du parti Les Républicains, a réagi aux récents propos d'Éliane Houlette, ancienne procureure du parquet national financier (PNF) de 2014 à 2019, sur les pressions qu'elle a reçues en lien avec l'affaire Fillon de 2017.

"Un procureur du parquet national financier intervient sous serment dans une commission d'enquête parlementaire et avoue avoir subi des pressions très fortes du parquet général, avec des remontées d'informations, des demandes d'explication permanentes. On imagine que la procureure générale faisait remonter au garde des Sceaux (Jean-Jacques Urvoas, NDLR), on peut aussi imaginer beaucoup de choses ensuite... Jusqu'où ça remontait? (…) Le garde des Sceaux devra a minima être entendu", a estimé notre invité.

Mercredi 10 juin, Éliane Houlette a indiqué avoir subi des "pressions du parquet général" au début de l’affaire, en février 2017, impliquant François Fillon et son épouse, Penelope, visés par des soupçons d'emplois fictifs. Elle a depuis "regretté" que ses propos aient été "déformés ou mal compris", assurant que l'ancien candidat à la présidentielle "n'a pas été mis en examen à la demande ou sous la pression du pouvoir exécutif". Emmanuel Macron a ensuite saisi le Conseil supérieur de la magistrature pour vérifier que le parquet national financier a bien mené en "toute sérénité, sans pression" de l'exécutif son enquête sur les époux Fillon.

"Faisons la lumière sur la procédure"

Sur notre plateau, Christian Jacob a exigé que soit faite "la lumière sur la procédure et sur les pressions sur un magistrat".

"C'est extrêmement grave. J'entends Madame Houlette qui revient sur ses propos. Mais quand on est un haut magistrat comme elle est et qu'on parle sous serment devant une commission parlementaire, elle sait pertinemment ce qu'elle dit. Faisons la lumière sur la procédure. Ce qu'il vient de se passer n'est pas anodin", a-t-il insisté.

Le président des Républicains a toutefois affirmé, pour conclure, qu'il garde confiance dans la justice, soulignant qu'"il ne faut pas généraliser les choses".

Clément Boutin Journaliste BFMTV