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Affaire Bygmalion: Nicolas Sarkozy savait-il?

Nicolas Sarkozy savait-il que le plafond de ses comptes de campagnes avait été dépassé?

Nicolas Sarkozy savait-il que le plafond de ses comptes de campagnes avait été dépassé? - Kenzo Tribouillard - AFP

Nicolas Sarkozy en savait-il plus sur l'affaire Bygmalion que ce qu'il a bien voulu en dire dimanche soir sur France 2? Le journal Le Monde assure mardi que l'ancien chef d'Etat a été mis par deux fois au courant d'un dépassement du plafond légal de ses comptes de campagne.

Que savait vraiment Nicolas Sarkozy sur l'affaire Bygmalion? Beaucoup plus que ce qu'il veut bien reconnaître, affirme Le Monde mardi, après avoir eu accès aux résultats de l'enquête préliminaire menée par les policiers.

Les enquêteurs estiment que le montant des fausses factures faites par la société Bygmalion à l'UMP s'élève à 18,5 millions d'euros, assure Le Monde. C'est après cette enquête préliminaire que le parquet avait requis l'ouverture d'une information judiciaire pour "faux et usage de faux", "abus de confiance" et "tentative d'escroquerie".

Un système de double facturation avait permis à l'UMP de dépasser le plafond légal du financement de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy en 2012, selon Patrick Maisonneuve, l'avocat de la société Bygmalion.

Une note sur un dépassement des dépenses

L'enquête préliminaire "semble attester que l'ex-chef de l'Etat (Nicolas Sarkozy, donc, ndlr) en savait beaucoup", malgré ses dénégations, écrit le quotidien du soir. Le Monde cite notamment une note de Pierre Godet, expert-comptable "signataire du compte de campagne", adressée en avril 2012 à Nicolas Sarkozy.

Dans cette note, il met en garde celui qui est alors candidat à sa réélection sur "le chiffre des dépenses prévisionnelles ou engagées à la date du premier tour", qui dépasse les 18 millions d'euros. Or, "ce montant est supérieur (...) au plafond des dépenses requises pour le premier tour (16 851 000 euros)", écrit Pierre Godet.

Par ailleurs, toujours selon Le Monde, Jean-François Copé, alors président de l'UMP, se serait entretenu de la situation précaire des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy avec l'ancien chef d'Etat lui-même. Un SMS envoyé à Guillaume Lambert, directeur de la campagne, par Jérôme Lavrilleux, son adjoint, en attesterait. "JFC [Jean-François Copé] ne vient pas à Clermont, il y est allé la semaine dernière. Louer et équiper un deuxième hall est une question de coût. Nous n'avons plus d'argent. JFC en a parlé au PR [président de la République]."

Dimanche soir, interrogé au micro de France 2, l'ancien chef de l'Etat a nié toute implication dans cette affaire: "J'ai appris le nom de Bygmalion longtemps après la campagne présidentielle."

M. K.