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"Sarkozy n'a évidemment pas changé"

Nicolas Sarkozy au Parc des Princes, le 21 septembre.

Nicolas Sarkozy au Parc des Princes, le 21 septembre. - Kenzo Tribouillard - AFP

Nicolas Sarkozy s'est largement exprimé dimanche soir au journal de 20h de France 2 . Lundi, les éditorialistes apprécient diversement le ton d'apaisement qu'il s'est efforcé de prendre et l'affirmation selon laquelle il aurait "changé".

Rien n'a vraiment changé dans l'attitude de Nicolas Sarkozy, qui "remonte sur le ring" face à ses concurrents au sein de l'UMP et qui était dimanche soir l'invité du 20h de France 2, estime lundi la majorité des éditorialistes de la presse française.

"Il n'a évidemment pas changé"

"Nicolas Sarkozy n'a évidemment pas changé", affirme Libération. "Il revient avec cet esprit belliqueux dont il n'a jamais su se départir", ajoute l'éditorialiste du quotidien de gauche, pour qui "passé l'affrontement sans péril pour la conquête sans gloire de l'UMP, c'est cette guerre que Nicolas Sarkozy va devoir mener dans son propre camp".

L'Humanité n'y va pas par quatre chemins : "L'échec de la politique de Hollande et son entêtement à rester dans les clous austéritaires offrent une fenêtre de tir inespérée à l'ancien président des riches". "On aurait tort de prendre ce remake indigeste à la légère", convient-elle.

La Nouvelle République du Centre-Ouest constate qu'il est devenu "un sage un peu brouillon" et que "pour se convaincre que Nicolas Sarkozy a véritablement appris de ses deux années et demi sans mandat, il faudra attendre".

Un "grand animal politique" revient dans "sur le ring"

Si pour Les Dernières Nouvelles d'Alsace, l'ancien président de la République "rêve d'en découdre avec qui lui barrera la route de l'Élysée", "il est toujours fascinant de voir un grand animal politique s'ébrouer et reprendre sa place au milieu de l'arène". "Parce que l'arène, le ring, la politique c'est pareil", estime-t-il.

L'ex-chef de l'Etat revient "peut-être beaucoup trop vite et fort dans le jeu politique, au risque d'apparaître en homme (trop) pressé, même si c'est tout le contraire qu'il veut afficher", explique le Journal de la Haute-Marne.

D'autant que pour cet éditorialiste, "la guerre est d'ores et déjà déclarée à droite" avec une UMP qui "pourrait ne pas survivre à cette nouvelle donne et aux rivalités qu'elle va alimenter".

"Clore un chapitre peu glorieux de l'histoire de la droite"

Le Figaro se montre plus optimiste dans affirmant que "le retour de Nicolas Sarkozy a le mérite de clore un chapitre peu glorieux de l'histoire de la droite française" et de l'UMP, qui "inaudible, morcelée, désespérante", a "gâché 28 mois, s'envoyant de la vaisselle à la figure".

L'Eclair des Pyrénées explique que l'ex-président fait "le constat que, depuis deux ans, personne n'a su s'imposer à la tête de la droite" et prévoit qu'à ce titre, il prépare un combat "contre l'ancien Premier ministre", à savoir Alain Juppé. 

Sarkozy "de retour de l'île d'Elbe"

"Nicolas Sarkozy tente comme Napoléon le retour de l'île d'Elbe" admet Sud Ouest. "Mais" selon lui, "des rivaux aussi sérieux qu'Alain Juppé ou François Fillon feront tout pour que l'expérience n'excède guère les cent jours et que les primaires soient son Waterloo". 

Le Midi Libre reprend l'allusion historique pour qui "le ring UMP ressemble plutôt à une morne plaine parsemée de troupes affaiblies sur laquelle l'ex-président en chef déboule tambour battant".

Faussement ironique mais acerbe et réaliste, La Montagne Centre France ose: "P... encore 32 mois !""Trente-deux mois avant cette présidentielle de 2017 (...). Trente-deux mois pendant lesquels on va nous rebattre les oreilles, jusqu'à l'écoeurement d'un possible remake entre François Hollande et Nicolas Sarkozy".

D. N. avec AFP