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Affaire Bettencourt : perquisitions au domicile et au bureau de Sarkozy

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Dans le cadre de l'affaire Bettencourt, le domicile et le bureau de Nicolas Sarkozy ont été perquisitionnés ce mardi matin à Paris, alors que l'ex-chef de l'Etat se trouve « en famille au Canada »...

Le bureau de la rue de Miromesnil mis à la disposition de Nicolas Sarkozy et son domicile du XVIe arrondissement de Paris ont été perquisitionnés ce mardi matin par un juge chargé de l'affaire Bettencourt, selon des sources concordantes et l'avocat de l'ex-chef de l'Etat.
Le cabinet d'avocats dont Nicolas Sarkozy était un associé (Arnaud Claude et Associés, dans le VIIIe arrondissement de Paris) a également été perquisitionné. Rien n'y a été saisi, a expliqué le responsable du cabinet, Me Arnaud Claude : « Il n'y a eu aucune investigation, aucune fouille ni aucune saisie. C'était une simple visite qui a duré une dizaine de minutes et qui s'est déroulée en présence du délégué du bâtonnier ».

Sarkozy, « en famille au Canada »

Une dizaine de policiers de la brigade financière accompagnaient le juge d'instruction bordelais Jean-Michel Gentil. Le juge s'intéresse à un éventuel financement politique illicite de la campagne présidentielle de 2007. Ces opérations ont été menées en l'absence de Nicolas Sarkozy, « parti (lundi) en famille au Canada », a indiqué son avocat, Me Thierry Herzog, selon qui ces perquisitions « se révèleront être (...) des actes inutiles ». L'avocat explique en effet avoir envoyé le 15 juin « les extraits certifiés conformes de l'agenda de M. Nicolas Sarkozy pour l'année 2007 ». Ces documents démontrent selon lui « l'impossibilité absolue de prétendus "rendez-vous secrets" avec Mme Liliane Bettencourt », ajoute Me Herzog.

Sarkozy bientôt entendu par le juge ?

Toutes les enquêtes concernant l'affaire Bettencourt sont désormais instruites à Bordeaux après une décision de "dépaysement" de la Cour de cassation. Le juge Jean-Michel Gentil a mis en examen plusieurs personnes, dont l'ex-gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt. Le juge pourrait entendre prochainement Nicolas Sarkozy lui-même sur le financement de sa campagne présidentielle de 2007, son immunité en tant que président de la République ayant expiré le 15 juin au soir.
Me Antoine Gillot est l'avocat de Claire Thibout, l’ancienne comptable de Liliane Bettencourt. Elle affirme que l'ancien gestionnaire de fortune de la milliardaire lui a demandé de remettre 150 000 euros en liquide à Eric Woerth, ancien trésorier de Nicolas Sarkozy, en janvier 2007. Selon l’avocat, « il est nécessaire que Nicolas Sarkozy soit entendu (NDLR : par le juge). Il est normal qu'on lui pose un certain nombre de questions. Notamment "Qu'êtes-vous allé faire chez les Bettencourt pendant 20 minutes au moment de l'élection présidentielle de 2007". C'était en février, il l'a reconnu très récemment par la voix de son avocat. Il y a dans cette affaire un certain nombre d'indices de financement illicite, Nicolas Sarkozy est directement concerné par ce sujet, il est tout à fait normal qu'il vienne s'expliquer ».

La Rédaction - Mis à jour le 04/07