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Affaire Benalla: "révélateur de l'exercice du pouvoir" et de ses "dérives viriles" pour Dray

Julien Dray le 24 juin 2017 à Paris

Julien Dray le 24 juin 2017 à Paris - Zakaria ABDELKAFI, AFP/Archives

Le socialiste et ex-député de l'Essonne Julien Dray est revenu sur le rapport au pouvoir d'Emmanuel Macron ce lundi dans Libération, pointant du doigt l'isolement du chef de l'Etat et sa gestion de l'affaire Benalla.

"Après quelques succès on est rattrapé par l’autoritarisme et la verticalité qui isole et expose", estime le socialiste Julien Dray, dénonçant une panique institutionnelle" à l'origine du déferlement médiatique dans l'affaire Benalla, qu'il considère comme un "révélateur de l'exercice du pouvoir" et de ses "dérives viriles".

"Au départ, c’est une faute individuelle, celle d’un garçon qui finit par se croire tout permis", affirme l'ancien député de l'Essonne dans un entretien à Libération ce lundi.

Brigitte Macron, "seule digue" du chef de l'Etat

"Je m’interroge tout de même sur cette panique du gouvernement, cette accumulation de versions, les mensonges. Je n’arrive pas à croire à l’amateurisme des protagonistes. En fait, on en vient à se dire que cette histoire est avant tout un révélateur de l’exercice du pouvoir et ses dérives viriles", juge-t-il.

Interrogé sur la pratique du pouvoir d'Emmanuel Macron, le conseiller régional francilien pointe une "ivresse logique" : "imaginez-vous : il est ministre en 2014, et trois ans après, il a le monde à ses pieds".

"Le problème, c’est la construction de son entourage, qui doit être une digue, et en ce moment on voit bien que ce n’est pas solide autour de lui. La seule digue que je perçois de l’extérieur, c’est son épouse Brigitte Macron qui, elle, a les pieds sur terre", poursuit-il.

La motion de censure de "toute la gauche"

Quant à son propre camp, Julien Dray juge le Parti socialiste "encore traumatisé par la défaite".

"Ca se voit dans nos attitudes, nos mots et il faut un choc. La thérapie, ce n’est pas l’introspection, c’est une erreur. (...) Aujourd’hui, seul le PS est capable de faire la synthèse à gauche, avec toute la gauche", a-t-il assuré, précisant que "toute la gauche" signifie "celle qui se retrouve autour de la motion de censure" déposée à l'Assemblée contre le gouvernement, et qui réunit les trois groupes de gauche (socialistes, communistes et insoumis).

Ce rassemblement à gauche "n’est pas une péripétie ! (...) Je suis convaincu que c’est un bon début pour la gauche à quelques mois des élections européennes", défend-il.

M. F. avec AFP