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Affaire Baupin: Batho somme Sapin de s'expliquer sur les accusations le concernant

Delphine Batho, le 24 août 2013.

Delphine Batho, le 24 août 2013. - Xavier Leoty - AFP

Cas isolé ou phénomène largement répandu dans la sphère politique? Interrogée mardi par des journalistes sur les accusations de harcèlement et d'agression sexuelle contre le député écologiste Denis Baupin, la députée PS Delphine Batho a estimé qu'il ne s'agissait là que "la partie émergée de l'iceberg".

L'ex-ministre de l'Ecologie a profité de l'occasion pour demander au ministre des Finances Michel Sapin de s'expliquer sur les accusations le concernant:

"Maintenant, il faut faire le grand ménage. Il y a un ministre qui doit s'expliquer, présenter des excuses pour le moins", a-t-elle déclaré au sujet de son ancien collègue au gouvernement, mis en cause pour un geste déplacé envers une journaliste. "Aucun parti n'échappe à une complicité sous forme d'omerta", a poursuivi l'élue des Deux-Sèvres, pour qui "plus largement, la question qui est posée est celle de la féminisation de la classe politique".

Lui-même questionné sur l'affaire Baupin, Michel Sapin a estimé lors d'un point presse mardi que ce qui était décrit par les femmes était "épouvantable", tout en estimant que c'était "à la justice d'établir les faits, pas à la presse ni aux personnes".

Concernant les accusations portées en avril à son encontre, "on est dans un domaine total de calomnie", a-t-il dit, appelant à ne pas "faire la confusion entre des noms qui n'ont rien à voir".

"Il s'agit d'allégations qui sont totalement fausses, qui sont d'ailleurs déclarées comme telles par des personnes qui pouvaient être directement ou indirectement concernées", a ajouté Michel Sapin.

Le ministre a toutefois décidé de ne pas porter plainte en diffamation, pour s'appliquer "le même principe" que celui suivi par François Hollande depuis son arrivée à l'Elysée.

Dans leur livre intitulé L'Elysée Off, les journalistes Stéphanie Marteau et Aziz Zemouri accusent Michel Sapin d'avoir "fait claquer l'élastique de la culotte" d'une journaliste qui s'était penchée pour ramasser un stylo, lors du Forum de Davos en janvier 2015.

Cet épisode avait été relaté, mais de façon différente, dans une tribune signée par quarante femmes journalistes, publiée en mai 2015 dans Libération. Les auteures évoquaient un "ministre qui, nous voyant penchées pour ramasser un stylo, ne peut retenir sa main en murmurant: 'Ah, mais qu'est-ce que vous me montrez là?'".

Selon une membre du collectif Bas les pattes, Michel Sapin aurait en réalité "touché le bas du dos" de la journaliste en question. "Il ne s'agit ni d'une culotte qu'on fait claquer ni d'une main aux fesses", a déclaré la membre du collectif, interrogée par Metronews

Visé par des accusations d'agressions sexuelles, Denis Baupin a pour sa part fait savoir mardi qu'il déposait une plainte pour diffamation contre Mediapart et France Inter, au lendemain de leurs révélations basés sur des témoignages de victimes présumées. Plusieurs organisations féministes appellent à un rassemblement mercredi à 18h30 en face de l'Assemblée nationale pour réclamer sa démission.

V.R. avec AFP