BFMTV

À l'approche des municipales, LaREM peaufine sa stratégie

Un isoloir lors d'une élection (photo d'illustration).

Un isoloir lors d'une élection (photo d'illustration). - Jean-Sébastien Evrard - AFP

À quelques mois du scrutin qui se déroulera en mars prochain, le parti présidentiel affiche deux objectifs: renouveler la vie politique locale et renforcer son ancrage à cet échelon.

C'est un scrutin qui devrait être révélateur. Près de trois ans après la présidentielle et les législatives qui avaient bouleversé le paysage politique jusque-là essentiellement bicolore, La République en marche (LaREM) va-t-elle réussir à s'ancrer territorialement lors des municipales?

Au siège du parti, on s'active et on peaufine la stratégie en vue de ce rendez-vous. Des documents à ces fins ont même été édités à destination des candidats, traitant par exemple de "construire sa stratégie de communication" et de "la question du logo" de LaREM, qui n'est pas forcément opportun à apposer selon les villes. À ce jour, 484 candidats ont été investis ou soutenus par LaREM en vue des municipales. La dernière vague en date a été divulguée mardi soir avec 65 nouveaux noms

"Au final, on aura 800 candidats investis ou soutenus dans les villes de moins de 9000 habitants", résume un membre de l'équipe dirigeante de LaREM à BFMTV, sur les 1150 communes de ce type en France.

Édiles sortants et nouveaux aspirants

Parmi ces personnalités, investies ou soutenues, certaines sont déjà aux affaires et brigueront en mars leur propre succession. "Sur les maires sortants soutenus par LaREM, 107 sont aujourd'hui de droite, 63 de gauche", poursuit cette même source.

Avec ces listes, LaREM a en ligne de mire une aspiration chiffrée: "Nous maintenons l'objectif des 10.000 conseillers municipaux. Plus largement, l’objectif est de renforcer la majorité présidentielle et le président de la République en vue de 2022."

Dans les vingt plus importantes villes françaises, 12 candidats ont été investis à Aix-en-Provence, Bordeaux, Grenoble, Lyon, Lille, Montpellier, Paris, Reims, Rennes, Strasbourg, Toulon et Villeurbanne. 6 autres sont soutenus à Angers, Dijon, Marseille, Saint-Étienne, Saint-Denis de la Réunion et Toulouse.

Mais les accords d'appareils ne sont pas toujours faciles à obtenir, et des pierres d'achoppement prospèrent dans certains cas. "Il y a une trentaine de villes où il y a des bisbilles entre marcheurs ou entre partenaires. Avec le MoDem, on a un accord sur 90% des villes", énumère-t-on à la tête du parti.

Le risque du Rassemblement national

Outre ces difficultés, le Rassemblement national se tient également en embuscade dans de nombreuses localités. LaREM a "recensé 130 villes où il y a un risque RN. C'est-à-dire des villes prenables par le parti de Marine Le Pen ou des villes avec des triangulaires dangereuses. On sera très clair: dans l'entre-deux-tours, on se retirera s'il y a un risque", argue-t-on.

Paris, où de nombreux regards convergent avec la candidature officielle de Benjamin Griveaux, et celle dissidente de Cédric Villani, inquiète plus qu'on ne voudrait l'admettre. À LaREM, on fait valoir une "démarche de discussion". "Le dépôt de listes, c'est mi-février, ça nous laisse du temps", dit-on avec optimisme. Un autre responsable en revanche, indique une autre voie:

"D'ici la fin de l'année, Macron va appeler Villani pour le débrancher. S'il ne veut pas, ça serait difficile de ne pas le virer du parti. Mais cela peut être le détonateur pour qu'il rassemble des déçus et qu'ils créent un nouveau groupe à l'Assemblée."
Thomas Soulié avec Clarisse Martin