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Municipales: dans certaines villes, LaREM conseille à ses candidats de ne pas afficher le logo du parti

Une urne - Image d'illustration

Une urne - Image d'illustration - AFP

Comme l'illustre un sujet diffusé sur France 2, le guide des candidats marcheurs aux municipales préconise, dans les villes où l'exécutif est impopulaire, de ne pas afficher de soutien à la macronie.

Les délices du noviciat. Alors que l'exécutif affronte l'opposition syndicale à sa réforme des retraites, les troupes, elles, se préparent à une épreuve non moins éprouvante, celle des élections municipales de mars. Si certains des 500 candidats investis par La République en marche vont parfaitement assumer leur identité partisane, d'autres se voient conseiller de faire l'inverse. 

Pour leur venir en aide, les dirigeants de LaREM ont distribué un "guide" à ses impétrants afin qu'ils survivent dans cette nouvelle jungle. Parmi les conseils prodigués par la rue Sainte-Anne, il y a celui de ne pas trop afficher son macronisme dans les communes où le parti présidentiel "sous-performe". Un anglicisme qui revêt l'impopularité dont pâtit le gouvernement ici et là, et dont LaREM sait qu'il va avoir un impact sur le scrutin. 

Concrètement, ces candidats bombardés dans des villes à risque sont invités à faire l'économie du logo macroniste sur leurs affiches de campagne, au profit d'une étiquette "de rassemblement / société civile".

"On avait déjà dans l’équipe, avant la publication de ce guide, des gens qui venaient de droite, des gens qui venaient de gauche. On n’a pas attendu ce guide pour faire le rassemblement et pour avoir une absence de logo", réagit Benoît Mathieu, investi par LaREM à Cavaillon, dans le Vaucluse. 

"Il faut faire de la communication"

Parmi les autres conseils, il y a celui de construire son propre narratif de façon "courte, authentique, concrète". En insistant, si possible, sur des anecdotes touchant aux racines familiales. Plus cynique, mais aussi plus réaliste, celui sur l'attitude à adopter lors de l'entre-deux tours. À un candidat éliminé du second par un maire sortant de droite, il est suggéré de négocier avec lui afin de "lui apporter une crédibilité écologiste" et, ainsi, rejoindre l'exécutif municipal. 

Inversement, si le ou la candidate est qualifié(e) face au même sortant de droite, il est conseillé de "discuter avec le PS et les verts" pour le faire battre. Cette tactique, le délégué général adjoint de LaREM Pierre Person l'assume auprès de France 2:

"Les autres partis faisaient la même chose et, je ne vais pas vous le cacher, aujourd’hui c’est aussi important de former nos candidats. Pour porter un projet, il faut être connu, il faut faire de la communication, il faut respecter des règles de campagne, et moi je trouve ce guide absolument pas cynique, c’est juste le b.a.-ba quand vous voulez parler à vos concitoyens."
Jules Pecnard