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Vol de cocaïne: une information judiciaire ouverte contre deux policiers

Le quai des Orfèvres, à Paris, où se trouve le siège historique de la police judiciaire parisienne.

Le quai des Orfèvres, à Paris, où se trouve le siège historique de la police judiciaire parisienne. - -

Deux policiers de la brigade des Stups ont été déferrés et doivent être présentés à un juge d'instruction ce mercredi après-midi. Le parquet a requis le placement en détention du principal suspect.

Deux policiers trentenaires de la brigade des Stups, soupçonnés du vol de 52 kg de cocaïne au 36, quai des Orfèvres, doivent être présentés à un juge d'instruction mercredi après-midi. Une information judiciaire a été ouverte à leur encontre.

Ainsi, le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire pour "détournement ou soustraction de biens par une personne dépositaire de l'autorité publique" à l'encontre du principal suspect et pour "complicité" à l'encontre du second. Il a requis le placement en détention du premier policier et le placement sous contrôle judiciaire de son complice présumé.

Les rangs de la brigade des Stups ont en outre été passés au peigne fin. Ainsi, selon nos informations, les empreintes de tous les policiers en poste ont été prélevées par les enquêteurs de l'IGPN, la "police des polices". Un troisième policier, membre lui de la police aux frontières, a également été entendu.

Le principal suspect toujours muet

En 96 heures de garde à vue, le principal suspect sera resté muet. De la bouche de ce brigadier perpignanais, les enquêteurs n'auront obtenu aucun élément, ni sur le déroulement du vol, ni sur le magot, 52 kilos de cocaïne qui restent introuvables. L'homme nie en bloc les charges qui l'accablent: ces images de vidéosurveillance, sur lesquelles plusieurs collègues affirment le reconnaître? Ce n'est pas lui.

Les policiers s'interrogent également sur son train de vie: deux appartements et cinq maisons, dans la région de Perpignan et à Paris. Pour le brigadier, l'essentiel provient du patrimoine de son épouse, qui a été entendue comme témoin.

Un complice au sein des Stups?

Le second policier des Stups déféré ce mercredi pourrait avoir agi comme complice. Selon nos informations, il dispose de capacités en serrurerie, ce qui lui aurait permis de fabriquer un double de la clé de la salle des scellés où se trouvait la cocaïne au sein du siège de la PJ parisienne.

Ce qui intrigue également les enquêteurs sur cet homme, c'est qu'il "apparaît sur les relevés bancaires" du premier suspect autour de la période où a été commis le vol. L'IGPN reste néanmoins prudente sur le rôle qu'il a pu jouer.

Un "ami" entendu comme témoin

Et il y a ce troisième homme: également policier, il s'est signalé de lui-même à sa hiérarchie et est auditionné en tant que témoin depuis mardi midi. Ce fonctionnaire ne fait pas partie des Stups mais de la police aux frontières, basée dans l'Hérault. L'IGPN s'interroge sur des conversations téléphoniques fréquentes entre cet homme et le suspect, dans les jours qui ont précédé le vol. Lui, se présente comme un "ami". Il n'est pour l'instant pas considéré comme suspect dans cette affaire.

M. T. avec Cécile Ollivier