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Voiture de police incendiée: jusqu'à 8 ans de prison ferme requis contre les prévenus

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Le parquet a requis vendredi de lourdes peines contre les neuf prévenus jugés pour l'attaque et l'incendie d'une voiture de police à Paris le 18 mai 2016, dont quatre ans de prison ferme contre le militant antifasciste Antonin Bernanos.

Le parquet a demandé ce vendredi des peines allant de douze mois avec sursis à huit ans de prison ferme contre les neuf prévenus dans l'affaire de la voiture de police incendiée quai de Valmy le 18 mai 2016.

Parmi eux Antonin Bernanos, arrière-petit-fils de l'écrivain Georges Bernanos et militant antifasciste très actif, pour qui le parquet a requis 4 ans de prison ferme. En récidive égale, puisqu'il avait été condamné en 2013 pour des "violences aggravées", Antonin Bernanos risque toutefois jusqu'à vingt ans de prison, en théorie.

Des peines graduées

Le parquet a demandé pour les huit autres personnes poursuivies des peines graduées selon leur implication dans cet événement très médiatisé, intervenu alors que montait la contestation contre la loi Travail.

Contre trois jeunes hommes, dont Angel Bernanos, frère cadet d'Antonin, ont été requis un an d'emprisonnement avec sursis pour le délit de "groupement formé en vue de commettre des violences".

Les deux représentants du parquet qui se partagent les réquisitions ont ensuite demandé un an de prison ferme, aménageable, contre Thomas Richaud, qui a donné des coups de pied et de poing dans le véhicule.

Huit ans de prison ferme requis contre Joachim Landwehr

Contre Kara Brault et Ari Rustenholz, qui ont frappé le véhicule à coups de plot métallique, respectivement deux et quatre ans de prison ferme ont été requis. Le parquet a aussi demandé que Kara Brault, Américaine transgenre, soit interdite du territoire français pendant trois ans.

Le procureur a requis cinq ans de prison dont deux avec sursis contre Thomas Fensch, qui a frappé un policier avec une barre métallique, ce qu'il a reconnu.

Enfin, le procureur a requis la peine la plus lourde, huit ans de prison ferme, contre Joachim Landwehr, Suisse rentré en France peu avant le 18 mai 2016 et ayant pris la fuite ensuite, qui ne s'est jamais présenté devant la justice française.

Contre tous a été requise une interdiction de manifester pendant trois ans à Paris.

Des audiences prolongées

Les audiences depuis mardi ont été houleuses, scandées par les cris des sympathisants des prévenus groupés à l'extérieur de la salle: "Tout le monde déteste la justice" ou "Flics violeurs assassins". Afin de permettre à l'ensemble des avocats de plaider, les audiences se prolongeront la semaine prochaine. La nouvelle date de délibéré sera connue à l'issue des audiences, mercredi prochain.

S.Z avec AFP