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Police-Justice

Violentes rixes en Ile-de-France: des victimes et des auteurs particulièrement jeunes

Les violentes rixes survenues ces derniers mois en Ile-de-France ont impliqué de nombreux mineurs et parmi eux de très jeunes adolescents. Ces phénomènes de bandes rivales prennent généralement naissance sur les réseaux sociaux et sont difficiles à anticiper.

Mardi soir, un adolescent de 16 ans est mort à Paris dans une rixe. Le même soir à Sarcelles, un autre de 17 ans a succombé à ses blessures après une violente bagarre en pleine rue. Ces deux drames sont la suite d'une longue série de rixes de plus en plus violentes impliquant des individus particulièrement jeunes. Selon un récent rapport des services de police dévoilé par Le Parisien ce jeudi, 60% des personnes identifiés dans des incidents graves entre jeunes sont mineures.

Il n'est désormais plus rare de voir des adolescents très jeunes, à partir de 10 à 12 ans, impliqués aux côtés de leurs aînés dans de très violentes rixes. Armés de couteaux, barres de fer ou battes de base-ball, ils se regroupent et viennent en découdre avec une bande rivale. Le 13 octobre dernier, un adolescent de 12 ans frappé à coup de barre de fer est ainsi mort à la suite de l'une de ce bagarres aux Lilas, en Seine-Saint-Denis. Ces bagarres sont souvent déclenchées par des motifs futiles sur fond de guerre de territoire.

"Il s'agit souvent de rencontres et de provocations tout à fait puériles, immatures", expliquait à BFM Paris Me Adrien Gabeaud, après la rixe survenue aux Lilas.

Une provocation et c'est "l'engrenage"

Ces provocations "puériles" peuvent entraîner des réactions en chaîne et des séries de bagarres et de représailles.

"On appelle ça des broutilles, mais pour ces jeunes qui sont dans une quête d'affirmation, de virilité, d'identité, on est tout sauf de la futilité. Ca peut être le vol d'un petit objet, des relations affectives entre jeunes de quartiers différents... Et après il y a un engrenage", explique sur RMC Sabine Toubet, déléguée générale du Comité de la prévention spécialisée de Paris, qui regroupe des associations qui interviennent dans des quartiers sensibles. 

Ces différends sont souvent amplifiés sur les réseaux sociaux. Sur Snapchat particulièrement, les individus impliqués se donnent rendez-vous pour en découvre puis postent des vidéos pour revendiquer leur victoire et donc leur territoire. Si ces vidéos se retrouvent partagées un grand nombre de fois, il est difficile pour la police d'anticiper ces rixes.

Des bagarres difficiles à anticiper

A Paris, la cellule de suivi du plan bandes (CSPB), composée de 8 policiers spécialisés est chargée de collecter les données et mène aussi des investigations sur les réseaux sociaux. Ces données leur permettent ainsi de cartographier dans la capitale les zones où ces phénomènes sont les plus présents.

La carte des arrondissements touchés par le phénomène des rixes
La carte des arrondissements touchés par le phénomène des rixes © BFM Paris

Malgré tout, ces bagarres violentes restent difficiles à anticiper, notamment du fait de l'utilisation par ces adolescents de réseaux fermés comme Snapchat ou Whatsapp.

Début octobre, la mairie de Paris associée au parquet, à la préfecture de police et au rectorat de l'académie de Paris a lancé des Etats Généraux de la prévention des rixes. Ils doivent permettre d'élaborer une stratégie coordonnée pour prévenir ces bagarres violentes en associant des acteurs sociaux et éducatifs ainsi que des actions auprès des familles. 

Carole Blanchard avec Raphaël Maillochon