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Rixes entre jeunes: des bagarres issues de "provocations puériles" alimentées sur les réseaux sociaux

Un adolescent de 12 ans est mort dimanche après une rixe survenue aux Lilas. Ces derniers mois, ces bagarres concernent en particulier des adolescents ou de jeunes adultes pour des motifs "puérils", alimentées sur les réseaux sociaux.

Dimanche, un adolescent de 12 ans est mort à l'hôpital. Originaire de Bagnolet, il avait été pris en charge pour des blessures aux jambes après une rixe survenue samedi soir aux Lilas, en Seine-Saint-Denis.

En fin de journée, deux groupes de jeunes venant des Lilas et de Bagnolet se sont affrontés en pleine rue à coup de barres de fer. Cette rixe mortelle, fait suite à plusieurs autres ces dernières semaines impliquant des individus très jeunes.

"C'est un phénomène connu par les services de police et de justice qui implique en général des bandes relatives jeunes entre 15 et 20 ans", explique sur BFM Paris Me Adrien Gabeaud, qui assiste plusieurs jeunes impliqués dans des affaires de rixes.

Des provocations "puériles, immatures"

Avant la rixe des Lilas, un autre adolescent de 16 ans est mort en septembre dernier à Saint-Denis, tué par balle au cours d'une bagarre entre bandes rivales. Ces bagarres ont souvent pour point de départ un simple différend.

"Les motifs sont impalpables. Il s'agit souvent de rencontres et de provocations tout à fait puériles, immatures", ajoute Me Adrien Gabeaud. Ces différends seraient ensuite amplifiés par les réseaux sociaux. 

"Les réseaux sociaux favorisent ce genre de rencontres violentes. Tel quartier va diffuser via les réseaux sociaux le vol d'un scooter, l'usage du dernier téléphone portable en vogue... et le répandre sur les réseaux sociaux avec quelques provocations bien fleuries et la bande rivale du quartier voisin, qui peut être au bout de la rue, va répondre", poursuit l'avocat. 

Un "sentiment d'impunité"

Ces communications en ligne qui donnent lieu à une prise de rendez-vous pour en découdre se font sur des réseaux privés, inaccessibles à la police même si les participants sont connus défavorablement. 

"La prise de rendez-vous, c'est là où il y a une difficulté, elle est difficilement anticipable", reconnaît Me Gabeaud. 

Les syndicats de police réclament de leur côté une augmentation de leurs effectifs ainsi qu'un renfort des moyens pour la justice afin de lutter contre ces phénomènes de bandes.

"Aujourd'hui on a un sentiment d'impunité et on a cette montée de violence de la part des très jeunes qui ont l'impression qu'ils ne seront jamais condamnés par la justice", déplore sur BFM Paris Grégory Goupil, du syndicat Alliance. 

Depuis janvier 2016, la préfecture de police de Paris a constaté une recrudescence des phénomènes de rixes. Ces bagarres entre bandes concernent aussi la capitale, où 23 rixes ont eu lieu depuis le début de l'année contre 22 pour l'année 2017 entière. Des Etats généraux de la prévention des rixes viennent d'ailleurs d'être ouverts pour tenter de trouver des solutions à ces phénomènes violents. 

Carole Blanchard