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Violences policières: Belloubet affirme que "la police n'est pas raciste en elle-même"

Invitée de BFMTV et RMC, la garde des Sceaux considère qu'en "aucun cas" une comparaison est envisageable entre les affaires Adama Traoré et George Floyd, au regard des histoires respectives de la France et des États-Unis.

"Ni déni, ni systématisme." Questionnés sur les comportements racistes dans les rangs des forces de l'ordre, notamment après les révélations sur des échanges entre des policiers de Rouen dans un groupe privé sur WhatsApp, les ministres concernés sont attendus au tournant.

Invitée ce vendredi matin de BFMTV-RMC, la garde des Sceaux Nicole Belloubet a tenté de tenir un discours équilibré, affirmant que la police française n'est "pas raciste en elle-même". 

"La police fait son travail"

La ministre de la Justice a considéré qu'en "aucun cas" une comparaison était envisageable entre les affaires Adama Traoré et George Floyd, au regard des histoires respectives de la France et des États-Unis.

Elle a néanmoins affirmé qu'il fallait "entendre ce que disent nos concitoyens" et notamment dit comprendre les "craintes" autour des accusations de contrôle au faciès dont certains policiers font l'objet, Nicole Belloubet a dit comprendre ces "craintes".

"Elles ne sont pas nouvelles, mais (...) il faut être très clair: la police fait son travail. S'il y a des difficultés, s'il y a des changements de pratique à opérer, elles sont analysées par le ministre de l'Intérieur et, évidemment, il faut toujours être ouvert à des évolutions. Mais encore une fois, la police n'est pas raciste en elle-même, et ça c'est important à préciser", a-t-elle développé. 

Quant à la supposée impunité dont bénéficierait la police dès lors que des affaires comme celle concernant la mort d'Adama Traoré sont transmises à la justice, la garde des Sceaux l'a niée en bloc: 

"C'est inexact. (...) Quand je vous cite 500 condamnations pour des faits de racisme, (la justice) doit statuer à charge ou à décharge, et ses jugements sont évidemment essentiels dans ce type d'affaire." 

Vers une "traçabilité" des contrôles d'identité?

Réagissant à une proposition formulée par le Défenseur des droits Jacques Toubon, consistant à mettre en place une forme de "traçabilité des contrôles d'identité" afin d'éviter les abus, la garde des Sceaux s'est montrée prudente. 

"Je suis favorable à l'examen de tout ce qui peut améliorer l'exercice de nos pratiques. (...) Je n'ai pas l'ensemble des données qui me permet de dire 'faut faire ceci, faut faire cela'. (...) Je ne sais pas quelle réponse pertinente peut y être apporté", a-t-elle répondu, tout en affirmant que la proposition de Jacques Toubon méritait "d'être entendue".
Jules Pecnard