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Le procureur de Strasbourg saisit l'IGPN à la suite de violences policières

L'IGPN a été saisie par le parquet du Gers

L'IGPN a été saisie par le parquet du Gers - Image d'illustration

Le parquet de Strasbourg a annoncé la saisie de la "police des polices" après que des images de vidéosurveillance ont montré un policier frapper un homme en garde à vue.

Le parquet de Strasbourg a annoncé jeudi la saisie de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) pour qu'une enquête soit menée après que des images de vidéosurveillance ont montré un policier frapper un homme en garde à vue.

Mercredi, "le procureur a saisi l'IGPN d'une enquête ouverte du chef de violences commises par un dépositaire de l'autorité publique", a-t-on appris auprès du parquet, confirmant une information de Rue89 Strasbourg.

"Images choquantes, éloquentes"

Le prévenu, un Guinéen de 21 ans, était jugé mardi en comparution immédiate pour un vol de vélo à proximité de la gare de Strasbourg, usurpation d'identité et violences sur des policiers.

Dans le procès-verbal rédigé par les enquêteurs, il lui était reproché d'avoir été agressif et d'avoir essayé de mettre un coup de poing à un policier. Mais lors de l'audience, son avocate, Me Kaoutare Choukour, a demandé à visionner les images de vidéosurveillance du commissariat, placées sous scellés.

"Les images étaient choquantes, éloquentes, édifiantes", a déclaré Me Choukour. "On voit clairement mon client qui arrive menotté dans le couloir juste avant les geôles. Aucune résistance ou agressivité. Le policier le démenotte, mon client lève son coude pour protéger son visage, de peur. Au moment où il fait ça, le policier lui met un coup de poing dans la tête". Un coup confirmé par l'expertise médicale.

"On assiste à un lynchage de la police"

Après le visionnage de ces images lors de l'audience, le procureur a demandé que la lumière soit faite sur ces actes de violence. Outre le fonctionnaire auteur des coups, les investigations viseront aussi une collègue qui s'est portée témoin, ainsi que le policier qui a rédigé le procès-verbal censé retranscrire le contenu de la vidéo.

Sylvain André, délégué départemental du syndicat Alternative Police CFDT Bas-Rhin, se satisfait "que l'IGPN soit saisie, parce que c'est un organe indépendant qui va permettre de définir s'il y a eu violence".

Les syndicats de policiers relèvent aussi que l'actualité, en France et aux États-Unis notamment, ne joue pas en leur faveur.

"Ces derniers jours, on assiste à un lynchage en règle de la police nationale. J'espère que tout ce contexte n'a pas abouti à la mise en cause de notre collègue", déplore Michel Corriaux, secrétaire régional Grand Est pour Alliance Police nationale.

"Il ne s'agirait pas de trouver des coupables afin de faire redescendre les tensions", met aussi en garde Sylvain André. Le prévenu a été relaxé pour les violences et l'usurpation d'identité, mais condamné à quatre mois d'emprisonnement, aménageables, pour le vol de vélo.

JP avec AFP