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Violences dans des lycées en Seine-Saint-Denis: le malaise des parents

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Alors que huit mineurs doivent être présentés à la justice ce jeudi après les violences dans trois lycées de Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, les parents des élèves sont en colère. Ils estiment que les établissements scolaires ne sont pas suffisamment sécurisés.

La colère des parents après des incidents dans trois lycées de Saint-Denis, dans le département de la Seine-Saint-Denis. Des parents d'élèves estiment que les établissements scolaires ne sont pas assez sécurisés dans des quartiers réputés difficiles et considèrent que leurs enfants sont laissés à l'abandon.

"L'établissement doit protéger les élèves"

"L'établissement n'a pas pu protéger nos enfants. On ne peut pas laisser les enfants comme ça, au moment où il y a des émeutes, dénonce un père pour BFMTV. L'établissement doit protéger les élèves, insiste-t-il. Et ne peut pas laisser les élèves sortir comme ça."

Mardi, un groupe de jeunes gens est entré dans l'enceinte du lycée Suger et a essayé d'y mettre le feu. Des fumigènes ont été lancés, de l'essence a été renversé dans des escaliers. La proviseure a alors décidé d'évacuer et de fermer l'établissement.

Puis ils se sont introduits dans deux autres établissements, les lycées Bartholdi et Paul Eluard. Armés de barres de fer, ils ont obligé les élèves à sortir. Ils ne s'en sont pris à personne mais les dégâts sont importants. Les dégradations ont été estimées à 70.000 euros. 

Entre 80 et 100 jeunes ont ensuite pris la direction du centre-ville. Sur leur chemin, ils ont incendié des poubelles et détruit du mobilier urbain. Des policiers ont été visés par des jets de pierre et de barres de fer, mais aucun n'a été blessé. Quelque 54 jeunes, dont 44 mineurs, ont été placés en garde à vue.

"Ma fille n'a rien fait", clame une mère

C'est l'incompréhension devant le commissariat où plusieurs parents se sont rassemblés mercredi. "Les parents seront avec nos enfants. Vous allez tous nous mettre en garde à vue, clame une mère exaspérée. Vous allez nous mettre tous des Taser."

"Ceux qui ont fait les bêtises, qui ont commencé à courir, on ne les a pas eus", explique-t-elle devant plusieurs micros, estimant que "c'est ceux qui n'avaient rien fait" qui ont été arrêtés. "Ma fille, je suis certaine à 100%, elle n'a rien fait."

"La responsabilité de la proviseure est engagée"

Si 46 jeunes ont été relâchés mercredi soir, huit doivent être présentés ce jeudi à un juge des enfants, soupçonnés de "violences sur personne dépositaire de l'autorité publique", "attroupement armé" et "rébellion". Les parents demandent des comptes et estiment que la direction de l'établissement a été déficiente.

"La responsabilité de la proviseure du lycée Suger est engagée par rapport à ce qu'il s'est passé, estime une autre mère d'élève. Elle n'aurait jamais dû laisser les enfants sortir au moment où ça allait très très mal devant le lycée."

Le malaise est profond. Des rassemblements de parents sont encore prévus ce jeudi. Valérie Pécresse a quant à elle annoncé que la région Île-de-France allait porter plainte. Et a annoncé l'installation de 28 caméras de surveillance.

Céline Hussonnois-Alaya avec Sabrina Cicchini