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Verdict du procès Merah: le Crif craint que les "islamistes" y voient "un signe de faiblesse"

Abdelkader Merah lors du dernier jour de son procès le 2 novembre 2017

Abdelkader Merah lors du dernier jour de son procès le 2 novembre 2017 - Benoit PEYRUCQ / AFP

Le Conseil représentatif des institutions juives de France a regretté que "la justice n'ait pas été au bout" et estime qu'Abdelkader Merah "reste totalement coupable".

Jeudi, la cour d'assises spéciale de Paris a rendu son verdict dans le cadre du procès d'Abdelkader Merah. Le frère de Mohamed Merah, qui a tué sept personnes en mars 2012 à Toulouse et Montauban, a été condamné à 20 ans de réclusion pour association de malfaiteur terroriste.

Il n'a toutefois pas été reconnu coupable des assassinats commis par son frère. Un dénouement qui inquiète le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif). Ce dernier craint que les "islamistes" y voient "un signe de faiblesse".

Si "la justice est passée", le président du Crif Francis Kalifat "regrette que la justice n'ait pas été au bout alors que les éléments du dossier le justifiaient, et craint que les terroristes islamistes voient dans ce verdict un signe de faiblesse", selon un communiqué. "Justice est presque rendue. Ce procès a permis de bien comprendre la façon dont la haine se fabrique en France et doit nous inciter à une vigilance de tous les instants", souligne le texte.

"Abdelkader Merah reste totalement coupable au regard de la douleur des familles et de l'horreur du crime commis par son frère, qu'il avait radicalisé et instrumentalisé en bras armé de son idéologie mortifère", ajoute-t-il.

Un verdict "fatalement décevant"

De son côté, le président du Consistoire, Joël Mergui, a jugé le verdict "fatalement décevant au regard des vies brisées". "Si à défaut de preuves matérielles, le frère de l'assassin n'a pas été condamné pour complicité de meurtre, il est en revanche parfaitement établi que ce dernier est parfaitement responsable de la haine antisémite qui a nourri le projet terroriste de son frère et armé son bras meurtrier", a estimé Joël Mergui dans un communiqué.

Selon lui, ce procès "nous aura permis de rentrer dans le mécanisme de la haine antisémite, lentement mais implacablement distillée au sein du milieu familial", et aura "attiré (...) l'attention sur l'apprentissage de la terreur et la fabrication de tueurs implacables, endoctrinés pour répandre l'horreur, désorganiser nos sociétés et en saper les fondations".

"Il est plus que temps de nous interroger sur les moyens de combattre cette haine nourrie dans l'intime pour exploser à l'extérieur, dans l'espace public que nous fréquentons tous", a ajouté le président du Consistoire, instance représentative du culte juif.

P.L avec AFP