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Une Espagnole enceinte arrêtée lors de la manifestation du 1er-Mai et menacée d'expulsion

Des cordons de police autour de l'endroit où Clarissa Jean-Philippe avait été tuée, le 8 janvier 2015.

Des cordons de police autour de l'endroit où Clarissa Jean-Philippe avait été tuée, le 8 janvier 2015. - Kenzo Tribouillard - AFP

Si le procureur a finalement prononcé l'irrégularité de l'arrêté du placement en rétention, l'Espagnole risque toujours une mesure d'éloignement du territoire de 24 mois.

Depuis plusieurs manifestations, Camilla, une Espagnole résidant en France depuis 2002, brandissait sa pancarte "Fin du monde, fin du mois même combat!" au milieu des cortèges parisiens. Enceinte, elle avait également pris l'habitude de se rendre aux mobilisations avec une espèce de bouclier où elle avait inscrit, "Je suis une utopiste pacifique, cela ne sert qu'à me protéger, je ne vous attaquerai pas".

Pourtant, le 1er-Mai, en marge de la traditionnelle manifestation des syndicats à laquelle se sont joints de nombreux gilets jaunes, l'Espagnole a été interpellée par la police puis placée en garde à vue, révélait La Meute, un collectif de photographes indépendants couvrant les manifestations.

Les ficelles de sa pancarte considérées comme des frondes

"Elle se rendait au pique-nique climatique social et démocratique dans le 15e, quand elle a subi un contrôle d’identité au niveau du boulevard Raspail", dans le 14e arrondissement à proximité du passage de la manifestation, a expliqué Norma Jullien Cravotta son avocate à Libération.

Les forces de l'ordre ont estimé que le bouclier porté par Camilla était une arme par destination et les ficelles attachant sa pancarte en carton des frondes. Le 2 mai au soir, après 36 heures de garde à vue, elle a été transférée au centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot, en vue d'une expulsion vers l'Espagne. Une mesure rare pour une ressortissante de l'Union européenne.

Le placement en rétention déclaré illégal

"Le parquet a requis le classement sans suite, mais la préfecture a dressé une obligation de quitter le territoire français et requis le placement immédiat en centre de rétention administrative, invoquant une charge déraisonnable pour l’Etat français et une menace à l’ordre public", poursuit son avocate à Libération.

Dimanche, le procureur a finalement prononcé l'irrégularité de l'arrêté de placement en rétention, se réservant le droit de faire appel, a écrit le conseil de l'Espagnole sur Twitter.

Arrivée en France en 2002 dans le cadre de ses études, Camilla qui occupe un poste en CDI depuis plus de deux ans, risque toujours une interdiction de territoire de 24 mois.

Guillaume Dussourt