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Police-Justice

Un policier sommé d'expliquer un excès de vitesse le soir des attentats du 13 novembre

Les infractions des policiers ont augmenté depuis le début de l'année.

Les infractions des policiers ont augmenté depuis le début de l'année. - Kenzo Tribouillard - AFP

Notant une hausse des infractions routières commises par les policiers en service depuis le début de l'année, la préfecture de police de Paris rappelle à l'ordre ses fonctionnaires. Ces derniers sont d'ailleurs appelés à régler les PV qui sanctionnent les infractions les plus graves.

Vendredi 13 novembre 2015. Plusieurs commandos de terroristes viennent d'attaquer le Bataclan, des terrasses des 10e et 11e arrondissement de la capitale ou les abords du Stade de France. Tous les services de police de Paris et de sa région sont appelés en renfort. Les gyrophares des voitures de police et des camions de pompiers hurlent et les véhicules filent. Depuis la fin du mois d'août, un policier est pourtant sommé de s'expliquer sur un excès de vitesse.

Le soir des attentats, cet officier appartenant à la police judiciaire de Paris se rend en intervention à bord de son véhicule de service. Il est 22h30 et est contrôlé en excès de vitesse. "Aujourd'hui, on lui demande des explications sur cette infraction", déplore Nicolas Comte, secrétaire général adjoint d'Unité SGP Police FO qui dénonce "des mesures qui ne sont pas adaptées au quotidien". 

Même si le policier ne devrait pas avoir à régler cette contravention, "c'est toujours désagréable de se justifier quand on fait son travail, surtout quand on fait son travail un soir aussi difficile".

Hausse des infractions

Cette demande d'explications s'inscrit dans une démarche plus large de la préfecture de police de Paris. Dans une note, dévoilée par Le Parisien, signée par le directeur de cabinet du préfet de police, Michel Cadot, ce dernier s'inquiète de l'"augmentation significative de plus de 49% du nombre d'infractions au Code de la route commises lors de l'utilisation des véhicules de service du parc de la préfecture de police". 

Face à ce constat, le préfet demande que "s'agissant des infractions les plus graves (feux rouges, excès de vitesse et stationnements gênants, par exemple) les fonctionnaires conduisant les véhicules de service doivent être invités à régler le montant des contraventions". En plein état d'urgence et alors que les policiers ont déjà fait part de leur fatigue face à la multiplication des interventions, cette note passe mal auprès des principaux concernés. 

"Cette note est une aberration!" s'insurge auprès du quotidien Philippe Capon, secrétaire général Unsa-Police. "On va intervenir en Vélib' ou en métro, si ça continue".

Justine Chevalier