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Trappes: 3 mois avec sursis pour le mari de la femme au niqab

Michaël Khiri (au centre), à son arrivée le 20 septembre devant le tribunal correctionnel de Versailles.

Michaël Khiri (au centre), à son arrivée le 20 septembre devant le tribunal correctionnel de Versailles. - -

La justice a condamné ce vendredi Michaël Khiri, un jeune homme de 21 ans qui s'était violemment opposé au contrôle de son épouse intégralement voilée. L'incident avait provoqué trois nuits de violences.

L'incident avait déclenché trois nuits de violences à Trappes, en juillet dernier. Michaël Khiri, un jeune homme de 21 ans converti à l'islam, a été condamné ce vendredi matin à trois mois de prison avec sursis et 1.000 euros d'amende pour s'être violemment opposé, le 18 juillet, au contrôle d'identité de sa femme intégralement voilée.

Barbu et fluet, converti à l'âge de 16 ans et inconnu des services de police, Michaël Khiri avait été jugé le 20 septembre dernier devant le tribunal correctionnel de Versailles pour "outrages et rébellion" sur trois policiers, et "violences" sur l'un d'eux. Le procureur avait alors requis à son encontre trois mois de prison avec sursis et 1.000 euros d'amende, la peine à laquelle il a été condamné.

"Le ton est monté"

Le soir du 18 juillet, trois policiers en patrouille avaient voulu contrôler son épouse, Cassandra Bélin, également convertie à l'islam. La jeune femme portait un niqab, ce long voile qui ne laisse paraître que les yeux. Les choses se sont envenimées quand la belle-mère du jeune homme, qui se trouvait avec le couple et leur enfant, s'est interposée. Pour Michaël Khiri, un policier l'aurait alors bousculée.

"Pourquoi vous faites ça?", aurait crié Cassandra Bélin, qui doit également être jugée dans cette affaire le 11 décembre. "Le ton est monté", a expliqué Mikhaël Khiri à l'audience. Il reconnaît avoir alors tiré l'un des policiers par l'arrière parce que l'homme avait "saisi [sa] femme par le voile". "On a essayé de faire ça le plus proprement possible", a objecté l'un des trois policiers.

Le représentant du parquet avait estimé la réaction du jeune homme "injustifiée" face à une loi qui n'est "pas discutable" - celle qui interdit, depuis 2011, le port du voile intégral dans l'espace public.

"Loi islamique" contre "loi républicaine"

Michaël Khiri avait pour sa part jugé ce contrôle d'identité "illégitime" en plein mois de ramadan. Lorsqu'il avait été contrôlé, il rentrait chez lui après sa journée de travail pour rompre le jeûne.

L'avocat des policiers, parties civiles dans l'affaire, avait rétorqué que pour le prévenu, "la loi islamique était supérieure à la loi française". "Nous attendons du tribunal qu'il lui rappelle fermement ce qu'est la loi républicaine et qu'en France, on n'agresse pas les policiers", avait martelé Me Thibault de Montbrial.

Mathilde Tournier et avec AFP