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Trappes: 3 mois avec sursis requis contre le mari d'une femme voilée

Michaël Khiri (au centre), à son arrivée vendredi devant le tribunal correctionnel de Versailles.

Michaël Khiri (au centre), à son arrivée vendredi devant le tribunal correctionnel de Versailles. - -

L'homme s'était violemment opposé au contrôle policier de son épouse intégralement voilée. Son interpellation avait provoqué trois nuits d'émeutes à Trappes en juillet.

Trois mois de prison avec sursis ont été requis vendredi à l'encontre de Michaël Khiri, jugé pour s'être violemment opposé, le 18 juillet dernier à Trappes, au contrôle de sa femme voilée. Le parquet a également demandé contre lui une amende de 1.000 euros. Le jugement a été mis en délibéré au 8 novembre.

Michaël Khiri, 21 ans, comparaissait vendredi matin devant le tribunal correctionnel de Versailles pour "rébellion" et "outrage" envers trois policiers, tous partie civile, et "violence sans ITT" (interruption du temps de travail) sur l'un d'eux.

Agression contre provocation

Les faits avaient débuté avec un contrôle policier, le 18 juillet, dans les rues de Trappes. Le jeune homme marchait dans la rue avec son épouse intégralement voilée. Or, depuis avril 2011, la loi interdit la dissimulation du visage dans l'espace public.

Selon les policiers, présents dans la salle d'audience en uniforme, le jeune homme avait frappé l'un d'eux au visage et lui avait serré la gorge lors du contrôle. Des faits contestés par Michaël Khiri, qui fait état de "provocations" et d'"insultes" de la part des policiers. Selon lui, un fonctionnaire aurait commenté: "On n'est pas à Kaboul!"

"Oui, le policier a été frappé"

Pas de quoi convaincre le procureur. Vendredi à l'audience, le représentant du parquet Vincent Descloux a assuré que "oui", le policier avait "été frappé" et "oui", on avait "essayé de l'étrangler".

"Ce procès est l'occasion de faire un pas vers nous, vous ne l'avez pas fait", a-t-il regretté à l'encontre du prévenu.

Cet incident avait été le point de départ d'affrontements entre habitants des Merisiers, quartier défavorisé de cette ville des Yvelines, et policiers. Les émeutes avaient duré trois nuits.

M. T.