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Terrorisme: la situation inquiétante des femmes radicalisées à la prison de Fleury-Mérogis

INFO BFMTV - En moins de six mois, le nombre de femmes radicalisées détenues à la prison de Fleury-Mérogis a plus que doublé. Une situation qui peut s'expliquer par l'absence de quartier dédié à ce type de profil.

Fin octobre, le ministre de la Justice annonçait la disparition des "unités dédiées" pour les détenus radicalisés dans les prisons françaises pour être remplacées par un "régime spécial" de détention sévère. Jusqu'alors concentré sur les hommes détenus, cette question de la radicalisation dans les établissements pénitentiaires est centrale et concerne désormais les quartiers pour femmes. 

A Fleury-Mérogis, en moins de six mois, le nombre de détenues radicalisées a plus que doublé passant de neuf au mois de juin à 23 en novembre sur un total de 240 prisonnières, soit 10% de la population carcérale du quartier pour femmes, a appris BFMTV. Cette situation s'explique par la multiplication des dossiers terroristes impliquant des femmes.

Un important prosélytisme

A Fleury-Mérogis se trouvent notamment les trois suspectes dans l'attentat déjoué à la bonbonne de gaz à Paris ou encore Anne Clain, la soeur du terroriste qui a revendiqué les attaques du 13 novembre, Fabien Clain, interpellée à la frontière entre la Turquie et la Syrie et mise en examen en France. Autant de cas auxquels l'administration pénitentiaire n'a pas eu le temps de s'organiser.

L'ensemble de ces détenues radicalisées sont donc incarcérées avec les autres prisonnières. "L’augmentation des femmes radicalisées au sein de la détention a entraîné plusieurs difficultés", déplore Marcel Duredon, du syndicat FO pénitentiaire.

Et de détailler: "La première, c’est l’augmentation du prosélytisme au sein de la détention et le second point c’est la prise en charge difficile pour le personnel puisqu’ils sont face à des femmes qui sont très déterminées, qui font preuve d‘une violence verbale extrême."

Nécessité d'évaluer

Pour l'ancien juge du pôle anti-terrorisme du parquet de Paris, l'accent doit être mis sur l'évaluation du profil de ces femmes, souvent très jeunes. "Sur ces femmes-là, vous allez en avoir trois-quatre qui vont faire du prosélytisme aux autres et qui auront un impact très important, estime Marc Trévidic. Il faut vraiment qu’on évalue les gens avec des professionnels, qu’on voit leur degré de radicalisation pour voir les gens qui ont envie même de sortir de ça."

A la fin des unités dédiées, le Garde des Sceaux, lors de la présentation de son plan pour lutter contre la radicalisation, avait associé la création d'un dispositif spécial, d'une centaine de places au total, pour les femmes radicalisées, avec une évaluation organisée à Fleury-Mérogis. Pour le moment, rien a été lancé.

J.C. avec Cécile Danré