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Jean-Jacques Urvoas dénombre 1.336 détenus radicalisés

Jean-Jacques Urvoas, le Garde des Sceaux, était ce mercredi matin l'invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV et sur RMC.

Invité mercredi matin sur BFMTV et RMC, Jean-Jacques Urvoas affirme que "la justice n'est pas laxiste, même si c'est ce que l'on ressent". Le ministre de la Justice n'aime pas les manifestations de policiers devant les tribunaux: "Ce n'est pas une bonne idée. C'est une manière d'engager un procès d'intention, ça contribue à faire une espèce de suspicion. Je souhaite que les deux forces regardent dans la même direction: police et gendarmerie, justice de l'autre côté, nous avons tous le même intérêt". Pour le Garde des Sceaux, entre policiers et magistrats, "tout réside dans une méconnaissance du travail de l'autre".

Pour mettre fin à ces appréhensions mutuelles, le ministre de la Justice fait une proposition: "Je suis partisan que tout nouveau policier qui occupe une fonction opérationnelle dans un commissariat vienne passer trois jours dans une juridiction, pour qu'il puisse découvrir ce qu'est le métier de juge. Et inversement, je propose que tout nouveau magistrat puisse venir passer trois jours dans un commissariat de police". Jean-Jacques Urvoas rappelle que "la police et la justice ont le même objectif: protéger la société".

De plus en plus de détenus radicalisés

Jean-Jacques Urvoas a présenté mardi ses mesures contre le phénomène de la radicalisation. En France, "il y a 351 détenus qui ont une incrimination d'association de malfaiteurs à but terroriste", qui correspondent aux radicalisés les plus dangereux. Ils étaient 90 en 2014.

Mais "il y a aussi des détenus de droit commun, qui ont été incarcérés pour d'autres sujets, et qui se sont radicalisés en prison". En tout, on dénombre 1.336 détenus radicalisés, précise Jean-Jacques Urvoas, contre 700 l'année dernière.

Pour cette population de détenus, "six structures d'évaluation de la violence" vont être créées. "Chaque détenu suspecté de radicalisation passera quatre mois dans l'un de ces centres. C'est ce qui nous permet de détecter s'il n'y a pas une dissimulation (de la radicalisation, Ndlr)". A la sortie, pour les détenus les plus prosélytes et violents, 300 places seront créées pour les incarcérer sous un régime de sécurité renforcée. Pour "les moins durs", 400 à 500 places seront créées avec un régime de sécurité supérieur à la normale.

Alexandre Le Mer