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Terrorisme: la carte des "Molenbeek" à la française

Selon Patrick Kanner, ministre de la Ville, il existe en France des quartiers similaires à Molenbeek, en Belgique. La réalité est un peu plus complexe.

La carte illustrant les villes d'origines de 50 combattants français morts en Syrie permet de s'en rendre compte: le phénomène jihadiste est étendu en France. Alors que le ministre de la Ville Patrick Kanner a estimé à "une centaine" le nombre de quartiers français qui ressembleraient à Molenbeek, il est en réalité difficile de dresser un état des lieux aussi précis.

De Paris... à Lunel

2005: Chérif Kouachi est arrêté juste avant de rejoindre l'Irak. Il est condamné pour avoir créé, avec le prédicateur Farid Benyettou, la filière dite des Buttes Chaumont, qui sévissait dans le XIXe arrondissement de Paris. Dix ans plus tard, avec son frère Saïd, il attaquera la rédaction de Charlie Hebdo, tuant 12 personnes.

Bien loin de Paris, c'est la commune de Lunel qui a longtemps été sous les projecteurs des services de renseignement. Avec ses 25.000 habitants, cette ville de l'Hérault a accueilli une vingtaine d'apprentis jihadistes, finalement partie en Syrie rejoindre les rangs de l'Etat islamique. Jusqu'à ce jour, la filière n'a jamais été complètement démantelée.

Pas de quartier type

De Lunel à Paris en passant par Toulouse ou Orléans, toutes ces villes ont vu certains de leurs jeunes partir en terres de jihad pour combattre dans les rangs d'organisations terroristes. Une variété géographique qui rend difficile un profilage précis.

D'autant que comme l'explique Marc Trévidic, ancien juge antiterroriste, "les beaux quartiers pourraient très bien être une cachette, une bonne stratégie" pour se dissimuler. Enfin, l'exemple de Maxime Hauchard, jihadiste français, bat en brèche toute tentative de généralisation. L'homme, apparu dans plusieurs vidéos de l'Etat islamique, est originaire de Bosc-Roger-en-Roumois, dans l'Eure. Une commune de 3.200 habitants.

P.A.